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L'oriflamme de la discorde

©AFP

Lorsqu’il évoque l’Europe, Emmanuel Macron prend tellement de hauteur que les commentateurs politiques – y compris europhiles – n’ont pas besoin de forcer leur talent pour faire sourire.

À la suite de la promesse présidentielle de reconnaître solennellement le drapeau de l’Union lors d’un prochain Conseil européen (le 19 octobre) et de sa plaidoirie pour une "vision" et un "imaginaire" communs, la presse française ne s’est pas privée d’insérer une remarque moqueuse de Daniel Cohn-Bendit.

Chargé d’animer le débat qui s’est tenu mardi à Francfort avec le Président français, l’ex-député européen n’a pas résisté au plaisir de citer l’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt qui disait: "Quand on a des visions, on va voir un toubib." Pas de quoi déstabiliser le chef de l’Etat français fustigeant ceux qui ont une vision rétrécie de l’Europe et qui voudraient "enlever le drapeau européen". En l’occurrence, il faisait allusion à Jean-Luc Mélenchon lequel, en tant que nouveau député, s’était montré choqué par la présence de la bannière bleue étoilée à l’Assemblée nationale au mois de juin dernier.

Le président de France Insoumise, qui avait comparé l’oriflamme à la "Vierge Marie", a déposé le 29 septembre un amendement visant à le retirer de l’hémicycle, au titre de l’article 2 de la Constitution. Un point sur lequel souverainistes de droite et de gauche pactisent objectivement. La banalisation du drapeau européen et son entrée à l’Assemblée s’est notamment concrétisée sous la présidence Hollande. Reste que ce débat à haute teneur textile risque de passer un peu au-dessus des Français. S’il prenait d’ailleurs à certains d’entre eux de faire du mauvais esprit, ils pourraient rappeler à leur Président que dans la langue argotique "planter un drapeau" signifie "laisser une dette".

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