La Commission européenne restreint l'activité d'un ancien commissaire

L'allemand Günter Verheugen s'était reconverti dans une société de conseil sur l'UE. Son ancien employeur vient de lui interdire pendant plus de deux ans toute une série de contacts.

La Commission européenne a décidé mercredi pour des raisons éthiques de restreindre l'activité de l'ancien commissaire allemand Günter Verheugen, reconverti dans une société de conseil sur l'UE, en lui interdisant pendant plus de deux ans toute une série de contacts.

L'exécutif européen, entérinant des propositions en ce sens d'un comité d'éthique interne, n'est toutefois pas allé jusqu'à lui interdire sa nouvelle activité, comme le réclamaient des ONG et comme elle l'avait fait en 2010 pour un autre ancien commissaire, l'Irlandais Charlie McCreevy.

Bruxelles a autorisé Günter Verheugen à poursuivre son activité à la tête d'une société de conseil sur les institutions européennes qu'il a fondée l'an dernier en Allemagne, "The European experience company", avec sa compagne et ancienne chef de son cabinet à Bruxelles, selon une source européenne.

Toutefois, dans le même temps, la Commission a interdit rétroactivement à M. Verheugen, qui fut commissaire à l'Industrie jusqu'en février 2010, tout contact pendant 26 mois avec ses anciens services et tout contact avec les quelque 400 entreprises avec lesquelles son ancien service a eu affaire.

Sa compagne, co-responsable de l'agence de conseil, doit faire face à des restrictions similaires.

Ces décisions ont été prises notamment en raison "d'un manque de coopération" du couple, qui n'a pas fourni au comité d'éthique toutes les informations qui leur étaient demandées sur la société de conseil, a précisé la même source.

La société de l'ancien ministre social-démocrate allemand propose sur son site internet son "expertise et sa grande expérience en matière de politique de l'Union européenne et d'affaires étrangères" et son conseil pour définir "la meilleure stratégie pour avoir du succès auprès des institutions européennes". Elle réfute cependant l'appelation de société de lobbying.

En octobre, l'ex-commissaire européen chargé du Marché intérieur Charlie McCreevy avait été contraint par la Commission à démissionner d'une banque en raison d'un possible conflit d'intérêt, une première dans ce type de cas.

Lorsqu'ils quittent Bruxelles, les commissaires européens sont tenus de soumettre leurs candidatures à de nouvelles fonctions à l'avis d'un comité d'éthique. Cela vaut pour l'année qui suit leur départ.

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