La commission von der Leyen est en ordre de marche

Ursula von der Leyen, lors d'une conférence de presse à Berlin, le 8 novembre. ©REUTERS

Le Parlement européen vient de donner son feu vert à la désignation du Hongrois Olivier Varhelyi comme commissaire européen. C’était le dernier obstacle avant le vote de confirmation de la nouvelle commission, qui pourrait entrer en fonction au 1er décembre.

Le Hongrois Olivier Varhelyi était le dernier membre de l’équipe d’Ursula von der Leyen à ne pas avoir obtenu le soutien des députés européens, c’est chose faite ce lundi. Les élus ont donné leur feu vert à la nomination comme futur commissaire à l’élargissement de l’ambassadeur de Viktor Orban auprès de l’UE, après lui avoir demandé des gages de son indépendance vis-à-vis de Budapest. Les eurodéputés ouvrent ainsi la voie à un vote en séance plénière sur l’ensemble de la commission Von der Leyen. Il se tiendra le 27 novembre et devrait, sauf surprise, permettre à la nouvelle commission d’entrer en fonction le 1er décembre, avec un mois de retard.

Le diplomate hongrois était avec Adina-Ioana Valean et Thierry Breton l’un des trois candidats de seconde ligne auditionnés jeudi 14 novembre par les eurodéputés, après que les candidats initiaux de la Hongrie, de la Roumanie et de la France aient été rejetés. Mais trois heures d'audition n'avaient pas suffi à convaincre une majorité suffisante des députés sur le cas d'Olivier Varhelyi. Les élus du centre et de la gauche ont demandé au Hongrois de répondre à de nouvelles questions par écrit. Ce blocage avait laissé planer la question d'un nouveau report de l'intronisation de l'équipe von der Leyen.

Question d'indépendance

Quand la présidente-élue a présenté la composition de son équipe, le choix d’un candidat hongrois pour le poste de commissaire à l’élargissement avait provoqué des levées de boucliers. D'une part, parce que le futur commissaire sera chargé de promouvoir les valeurs de l'UE dans le voisinage de l’Union, alors que la Hongrie est épinglée pour non-respect de ces valeurs. D’autre part, Budapest est perçu comme très proche de la Russie de Vladimir Poutine, dont la politique de voisinage est concurrente de celle de l'Union européenne.

Le candidat-commissaire hongrois Oliver Varhelyi, lors de son audition au Parlement européen, le 14 novembre. ©REUTERS

Or, les craintes liées à l’indépendance du futur commissaire vis-à-vis du gouvernement hongrois ont été ravivées par un discours prononcé le mois dernier par Viktor Orban en Azerbaïdjan. Il avait notamment assuré au sujet du commissaire à l’élargissement: "Si nous parvenons à obtenir ce portefeuille, nous nous ferons un plaisir de vous aider dans vos efforts."

Dans ses réponses écrites, le candidat-commissaire a assuré: "Je ne serai jamais lié ni influencé par aucune déclaration ou position d'aucun Premier ministre d'aucun pays ou aucun autre représentant d'aucun gouvernement", rapporte le média spécialisé Politico.

Les visages de la Commission von der Leyen

Qui sont les nouveaux commissaires européens? Quelles sont leurs compétences? A découvrir dans notre trombinoscope.

En théorie, les commissaires européens sont indépendants des gouvernements qui les proposent et sont supposés être les premiers ambassadeurs des décisions du collège dans leur pays d’origine. En pratique, ils sont parfois perçus comme les premiers avocats de leur gouvernement au Berlaymont.

Avec Olivier Varhelyi, l'équipe von der Leyen sera donc forte de 27 commissaires, alors qu'elle aurait dû en compter un de plus puisque le Royaume-Uni n'est pas sorti de l'Union. Un "détail" qui fait l'objet d'une procédure d'infraction à l'encontre du gouvernement de Boris Johnson mais qui ne risque pas de gêner l'entrée en scène de la Commission.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n