La "présidence corona" de Merkel alimente les attentes

Plan de relance, Brexit, pacte vert, migrations: le programme de présidence du gouvernement d'Angela Merkel est chargé (photo: le 18 juin au Parlement allemand).

Berlin se lance dans une présidence de l’Union centrée sur la relance. Reste à voir dans quelle mesure elle parvient à trouver la concorde sur les dossiers clés.

L'Allemagne prend la barre du Conseil de l'Union à un moment décisif pour la construction européenne. Le programme de sa présidence tournante, initialement centré sur le climat, la numérisation et la gestion des migrations, est bousculé par la pandémie de coronavirus et la gestion de ses conséquences. Berlin en a fait le slogan de ses six mois de pilotage: "Together for Europe's recovery". Parmi les impondérables, les Européens devront aussi trouver au cours de ce semestre un terrain d’entente sur la question explosive des quotas de pêche, directement liée à la recherche d’un accord sur la future relation entre l’Union et le Royaume-Uni, que Londres entend conclure et ratifier cette année.

"Un accord sur ce plan et sur le futur budget des sept prochaines années sera la priorité absolue de notre présidence."
Heiko Maas
Ministre allemand des Affaires étrangères

Les attentes que nourrit cette présidence sont à l'aune de la densité de ce programme, même si toutes ces questions ne relèvent pas au premier chef du conseil des ministres. Le plan de relance européen, couplé au budget septennal de l’Union – 1.850 milliards d’euros en tout – est "la priorité absolue de notre présidence", a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, mais c'est au Conseil européen, sous la présidence de Charles Michel, qu'il se négocie.

Alignement des planètes

Auréolée de la bonne gestion de la pandémie par l’Allemagne, la chancelière Angela Merkel jouit d’une forte popularité dans son pays. Une large majorité de ses compatriotes soutiennent le revirement qu’elle a opéré en mai en proposant avec Emmanuel Macron un emprunt commun européen de 500 milliards d’euros pour alimenter un plan de relance continental. C'est d'ailleurs ce dernier qu'elle a choisi d'inviter au château de Meseberg, lundi, pour sa première rencontre avec un dirigeant étranger depuis le confinement, marquant la bonne santé retrouvée du "moteur" franco-allemand. Un alignement des planètes pour la chancelière, alors que l'influence allemande sur les institutions européennes est renforcée depuis décembre par la présence d'Ursula von der Leyen au dernier étage du Berlaymont.

Reste à voir dans quelle mesure Berlin parviendra à tirer parti de cette présidence pour faire avancer des dossiers clés et souvent polarisants. Une mission d'autant plus délicate que les règles de distanciation sociale continueront de peser sur le dynamisme des négociations. Aucune réunion physique à vingt-sept ministres n’a eu lieu depuis le mois de mars, et le déconfinement progressif ne devait pas permettre au Conseil d’aller au-delà de 30% de sa capacité de réunion normale.

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