Le Royaume-Uni va-t-il sacrifier son emploi dans un Brexit sans accord?

Sadiq Khan, maire proeuropéen de Londres ©REUTERS

Une étude du Cambridge Econometrics commandée par le maire de Londres avance que la Grande-Bretagne pourrait sacrifier près de 500.000 emplois s'il ne parvenait pas à s'accorder avec l'Europe sur le Brexit.

Le Royaume-Uni pourrait perdre près d'un demi-million d'emplois à l'horizon 2030 s'il sort de l'Union européenne sans accord. Tel est en effet le scénario le plus pessimiste d'une étude commandée par le maire europhile de Londres, Sadiq Khan.

"Si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne en mars 2019 sans accord sur le marché unique, l'union douanière ou des dispositions transitoires (...) cela pourrait engendrer la perte de 482.000 emplois", a prévenu l'élu travailliste dans un communiqué.

Ces déclarations interviennent quelques heures après que la société de recrutement Morgan McKinley a indiqué que les postes vacants dans l'industrie financière londonienne avaient chuté de 52 % en décembre, soit la plus forte baisse en trois ans.  Le bureau fait aussi état d'un recul de 37% des créations de nouveaux emplois sur un an, soulignant ainsi les menaces d'exode conséquentes au Brexit. "En décembre, la ville était en pleine effervescence avec les fêtes de fin d'année. Il n'y avait pas de recrutement donc la baisse était attendue", explique le directeur des opérations Hakan Enver. "Mais le fait d'avoir une telle chute sismique est alarmant."

"Je suis convaincue que nous serons en mesure de réaliser un bon accord. C'est ce sur quoi nous travaillons."
Theresa May
Premier ministre britannique

Selon Sadiq Khan, l'étude de Cambridge indique que si la Première ministre, Theresa May, ne parvenait pas à assurer une transition de deux ans, les entreprises seraient aussi confrontées à une diminution de 87.000 d'emplois. Theresa May a indiqué ne pas avoir besoin de lire ce rapport. "Je suis convaincue que nous serons en mesure de réaliser un bon accord. C'est ce sur quoi nous travaillons."

Les études sur l'impact économique du Brexit sont nombreuses . "Il est crucial que le gouvernement comprenne les conséquences de chaque scénario avancé lors des discussions avec l'Europe, " ajoute Sadiq Khan sur les ondes de la BBC. "Je veux qu'ils choisissent la meilleure option pour l'emploi, pour l'investissement et pour la production économique."

Quel impact du Brexit?

Dans le pire scénario:

Le cabinet de recherche Cambridge Econometrics chiffre l'impact sur chaque secteur en terme d'emplois:

→ les services financiers: -119.000 emplois
→ les sciences et technologies: -92.000 emplois
→ la construction: -43.000 emplois

Rien qu'à Londres, centre financier du Royaume-Uni, les pertes d'emplois pourraient donc s'élever à plus de 80.000, mais la capitale souffrirait moins que le reste du pays.

Côté investissements, une chute de 15% est envisagée à l'échelle nationale. Il s'agit de 46,8 milliards de livres de moins, soit 52,8 milliards d'euros.

Dans le scénario le plus optimiste:

Si le Royaume-Uni devait se maintenir dans le marché unique à l'issue d'une période de transition, mais pas l'union douanière, les pertes d'emplois pourraient se chiffrer à 176.000 emplois.

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