"Le bon temps pour les clandestins est fini: préparez-vous à faire les valises"

"L'Italie et la Sicile ne peuvent être le camp de réfugiés de l'Europe", a martelé le chef de la Ligue du Nord, Matteo Salvini. ©EPA

"L'Italie et la Sicile ne peuvent être le camp de réfugiés de l'Europe." "Le bon temps pour les clandestins est fini: préparez-vous à faire les valises." Le patron de l'extrême droite italienne Matteo Salvini, devenu ministre de l'Intérieur, a tenu un discours très dur sur les migrants. Alors que les règles de la migration en Europe seront au menu européen de la semaine et qu'un nouveau drame a eu lieu en Méditerranée.

Nouveau drame en Méditerranée ce week-end. Plus d'une cinquantaine de migrants sont morts depuis samedi soir au large de la Tunisie et de la Turquie en tentant de rejoindre l'Europe. Juste au moment où le nouveau ministre de l'Intérieur italien martelait son discours anti-immigration...

• L'identité des personnes décédées n'est pas connue. Parmi les 68 rescapés figurent 60 Tunisiens, un Libyen et sept ressortissants d'autres pays du Maghreb et d'Afrique sud-saharienne.

Le nombre de personnes tentant la traversée a de nouveau commencé à augmenter ces derniers mois. Les différents ports de l'île italienne sont d'importants points d'arrivée des migrants.

Le port de Pozzallo est en première ligne: c'est principalement dans ce port et dans ceux de l'est de la Sicile (Augusta, Catane, Messine) qu'accostent les navires militaires et humanitaires chargés de migrants secourus au large de la Libye. ©EPA

Ainsi, Matteo Salvini, le patron des souverainistes italiens devenu cette semaine ministre de l'Intérieur, s'est rendu dimanche en Sicile pour marteler le discours anti-immigration qui l'a porté au pouvoir.

"Le bon temps pour les clandestins est fini: préparez-vous à faire les valises", avait-il déjà prévenu samedi. Il a légèrement nuancé son propos dimanche, en Sicile, à Pozzallo, un port de la pointe méridionale: "Concernant l'immigration, nous n'aurons pas une ligne dure mais une ligne de bon sens". "L'Italie et la Sicile ne peuvent être le camp de réfugiés de l'Europe", a encore martelé le chef de la Ligue, venu d'abord soutenir des candidats locaux de son parti, qui militait il y a quelques années encore pour la sécession du nord du pays et n'avait pas de mots assez durs contre le Sud.

"Personne ne m'enlèvera la certitude que l'immigration clandestine est un business (...) et voir des gens se faire de l'argent sur des enfants qui meurent ensuite me met en colère", a-t-il encore expliqué. "Donc je pense qu'il vaut mieux dépenser l'argent dans les pays d'origine. Maintenant, s'il y a des ONG qui veulent faire leur travail gratuitement, c'est bien."

Et au-delà des efforts en Italie, Salvini est attendu ce mardi à Luxembourg pour une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE.
→ Au menu: la révision de l'accord de Dublin, qui oblige les migrants à déposer leur demande d'asile dans le premier pays européen où ils arrivent. Cet accord pénalise fortement l'Italie, qui a vu arriver plus de 700.000 migrants depuis 2013.

Les arrangements controversés de l'ancien gouvernement italien avec les autorités et des milices libyennes ont toutefois fait chuter les arrivées de migrants de plus de 75% depuis l'été 2017. Depuis le début de l'année, 13.500 arrivées de migrants ont été enregistrées dans ce pays.

Le centre de Pozzallo est une grande structure en béton entourée de grilles en bord de mer. C'est l'un des "hotspots" installés depuis 2015 en Italie, sur insistance de l'Union européenne, pour s'assurer que les nouveaux arrivants soient bien enregistrés en Italie et ne puissent donc pas déposer une demande d'asile dans un autre pays européen. ©EPA

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