Le feuilleton des gilets jaunes reprend de plus belle

Les revendications (non satisfaites par les annonces du chef de l'Etat en décembre) portent toujours sur la question du pouvoir d'achat ou encore le référendum d'initiative citoyenne. ©EPA

La contestation va-t-elle retrouver sa vigueur d’avant les fêtes? Ce sera, ce samedi, la 9e journée de mobilisation des gilets jaunes, dont Paris et Bourges pourraient être les épicentres. Les autorités redoutent une mobilisation "plus forte" que la semaine précédente et "plus radicale".

Par mesure de prudence, la mairie de Bourges a fait retirer des éléments de mobilier urbain dont pourraient se servir des individus violents. Car c’est entre autres dans cette ville du centre de la France, qu’une partie des gilets jaunes ont prévu de manifester ce samedi pour le neuvième épisode de la contestation.

80.000
Un nouveau déploiement massif de 80.000 policiers et gendarmes est prévu ce samedi dans les grandes villes de France.

Si 60% des Français apportent toujours leur soutien au mouvement, le pays apparaît extrêmement divisé, empoisonnant les conversations entre collègues parents ou amis. Il y a les "pour", les "contre" et ceux qui jouent les kamikazes en essayant de faire la part des choses.

Paris mais aussi Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Lille ou encore Nantes et Rennes, autant de villes qui devraient être concernées par la protestation ce samedi, occasionnant un déploiement massif des forces de l’ordre (80.000 policiers et gendarmes).

La semaine dernière les télévisions ont diffusé en boucle des images de violence comme celle d’un boxeur affrontant les forces de l’ordre, un engin de chantier enfonçant la porte d’un ministère et, de l’autre côté de la ligne de front, un commandant de police frappant des manifestants. Fait notable, le syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) a diffusé sur son compte Twitter le 7 janvier que le "dernier mot de la crise" se devait d’être "politique" et "issu du dialogue et de la concertation" réfutant tout "match" entre la police et les gilets jaunes.

Fermeté

Le Premier ministre Edouard Philippe tout comme son ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ont choisi la fermeté, le premier indiquant à la télévision que les casseurs n’auraient pas le "dernier mot" et promettant pour février une amélioration de la loi actuelle qui permettrait d’interpeller les casseurs en amont.

D’autant qu’après une baisse continue des manifestants durant les fêtes de fin d’année, les autorités craignent que leur nombre ne reprenne de l’ampleur. Les revendications (non satisfaites par les annonces du chef de l’Etat en décembre) portent toujours sur la question du pouvoir d’achat, le référendum d’initiative citoyenne, les 80km/h, tandis que les plus extrémistes demandent inlassablement la démission du chef de l’Etat ou à tout le moins une dissolution de l’Assemblée nationale.

Un grand débat à quitte ou double

L’exécutif compte sur le grand débat qui doit démarrer la semaine prochaine pour démontrer une volonté d’apaisement et tenter, dans le même temps, de fragmenter la contestation. Emmanuel Macron doit à se sujet produire une lettre de cadrage alors que la parole présidentielle, à force d’interventions, encourt une forme de dévaluation.

Le gouvernement a dû de surcroît faire face au renoncement de l’ancienne ministre Chantal Jouanno à piloter ce grand débat tout en restant présidente de la Commission nationale du débat public laquelle en organise des dizaines d’autres à vocation plus restreinte.

Une défiance tangible, et pas seulement chez les gilets jaunes, existe à l’endroit de cette consultation nationale que le Président de la république devrait notamment défendre mardi lors d’un déplacement en province. Avec ce tour de table des doléances, le gouvernement joue à quitte ou double. Il est prévu pour durer trois mois sans pour autant que le gouvernement abandonne les grands chantiers qu’il s’est promis de mener à bien comme la réforme des retraites, l’assurance-chômage, le statut des fonctionnaires, la procréation médicalement assistée ou encore de substantielles modifications constitutionnelles. Autant de sujets à même de raviver les tensions du pays.

Pas de Davos pour Macron

Signe que l’heure est grave et que les temps ne sont plus aux voyages internationaux, Emmanuel Macron a fait savoir qu’il ne se rendrait pas à la fin du mois au forum économique de Davos mais a cependant confirmé que le sommet prévu à Versailles pour mettre en valeur l’attractivité de la France aurait bien lieu le 21 janvier. Dans un pays en manque de bonnes nouvelles, sur fond de conséquences économiques dues aux gilets jaunes, le Président français traverse sans nul doute la plus mauvaise passe de son quinquennat.

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