Le quartier rouge d'Amsterdam menacé de disparition

Le quartier rouge à Amsterdam.

En proie à des troubles incessants, le quartier rouge, ce petit périmètre de la capitale néerlandaise, est menacé de fermeture.

Le nettoyage du quartier rouge (Red Light) d’Amsterdam se poursuit à marche forcée. Devenue incontournable pour le touriste en goguette dans la capitale néerlandaise, cette attraction risque de disparaître à tout jamais. Malgré les millions d’euros dépensés ces dix dernières années par la mairie, ce petit périmètre de la ville concentrant tous les vices et les plaisirs, reste le théâtre de troubles de voisinage incessants. Sans compter la criminalité rampante avec l’exploitation de prostituées, le trafic de drogues et le blanchiment d’argent sale. Comme l’avait résumé un ancien maire, il s'agissait du "combat de l’argent propre contre l’argent sale."

En tant que politicienne pragmatique, mon intention n’est pas de bannir la prostitution de la ville.
femke halsema
maire d’amsterdam

Pour Femke Halsema, première femme à être devenue maire d’Amsterdam l’année dernière, la coupe est pleine. "Nous sommes confrontés à un monstre multiforme", a lancé l’édile pour qui la situation n’est plus tenable. De fait, les mesures prises six mois après son arrivée à la tête de la ville pour mettre les touristes au pas ont eu l’effet d’un coup d’épée dans l’eau.

Dès le soir venu, on voit régulièrement une foule dense de passants émoustillés et imbibés d’alcool bloquer toute circulation sur les quais illuminés par les lumières rouges des hôtels de passe. Les trottoirs sont juchés de détritus. Les prostituées sont raillées, voire insultées, huées et même photographiées comme des bêtes de cirque.

Scénarios à l'étude

Pour venir à bout de ce capharnaüm, la mairie a plusieurs scénarios à l’étude. "En tant que politicienne pragmatique, mon intention n’est pas de bannir la prostitution de la ville", a cependant indiqué Femke Halsema. Mais pour elle, de nouvelles mesures sont nécessaires pour faire baisser la criminalité, assurer un retour à la tranquillité des lieux et maintenir le respect des droits fondamentaux des personnes travaillant dans le circuit du sexe.

Selon le scénario le plus radical, la fermeture pure et simple des quelque 330 vitrines du quartier rouge derrière lesquelles s’exhibent les prostituées ainsi que des lupanars alentour, est envisagée. L’ensemble de ce commerce de la chair serait alors transféré à un autre endroit de la ville.

Autre solution à l’étude: rendre les prostituées invisibles au public en les obligeant à exercer leur métier derrière des fenêtres closes. Une troisième possibilité consisterait en une fermeture partielle du quartier rouge et la création d’une nouvelle zone de prostitution à un endroit plus reculé de la capitale.

Souci permanent des maires d’Amsterdam, l’assainissement du quartier rouge situé dans le centre historique de la ville depuis le XIVe siècle, est une constante de la politique de la ville. Avant Femke Halsema, la mairie avait déjà réhabilité une partie du quartier en habitations ou commerces dignes de ce nom. Sans obtenir les résultats escomptés.

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