Les Pays-Bas vont constituer une cagnotte de 50 milliards pour faire face aux coups durs

Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas. ©ANP

La Haye envisage de créer un fonds de 50 milliards d’euros qui va servir à financer des projets d’infrastructures et de recherche pour relancer l’économie en cas de mauvaise conjoncture.

Mieux vaut prévenir que guérir. C’est dans cette optique que La Haye envisage de créer un fonds doté de quelque 50 milliards d’euros pour soutenir la croissance du royaume dans les prochaines années. L’opération va consister pour l’État néerlandais à emprunter sur les marchés de capitaux au moment où les taux sont au plus bas.

50,9%
Avec une dette publique ne représentant que 50,9% du PIB, les Pays-Bas ont les moyens de faire déraper un peu leur orthodoxie budgétaire.

Dans la conjoncture monétaire actuelle, ces emprunts vont de fait se révéler indolores pour les finances publiques. Par ailleurs, avec une dette publique ne représentant que 50,9% du PIB, les Pays-Bas ont les moyens de faire déraper un peu leur orthodoxie budgétaire.

Ce joli magot est destiné à financer de futurs projets d’infrastructures et des études pour assurer la transition technologique des Pays-Bas, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle. En outre, il va surtout permettre à La Haye d’avoir des réserves financières à disposition quelles que soient les circonstances.

Signes d’essoufflement

Même si la mise en place de ce fonds ne devrait être officialisée que mi-septembre dans le cadre de la présentation des orientations budgétaires, les partis de la coalition se sont déjà réunis plusieurs fois à ce sujet. Selon le quotidien De Telegraaf, c’est le ministre des Finances, Hopke Hoekstra, qui serait l’instigateur de ce projet.

"Les perspectives se sont rafraîchies."
Nic Vrieselaar
Analyste de Rabobank

Cette initiative intervient alors que l’économie néerlandaise montre des signes d’essoufflement. Décrochage de l’Allemagne dont le royaume est le premier partenaire commercial, craintes liées au Brexit, guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la conjoncture internationale met à mal l’économie des Pays-Bas tournée vers l’export.

Outre l’effet domino en provenance d’Allemagne, le royaume pâtit de la conjoncture adverse dans la zone euro. "Le mois de juin a confirmé que la production de la zone euro restait sur une pente déclinante", constate Chris Williamson analyste de IHS Markit.

Le gouvernement a tout intérêt à se constituer une cagnotte dans la perspective où il faudrait relancer la machine économique embourbée dans une conjoncture internationale adverse.

Du coup, la croissance est promise à se tasser. "Les perspectives se sont rafraîchies", commente Nic Vrieselaar, analyste de Rabobank. L’Office central des statistiques (CBS) a pour sa part récemment fait état d’un "sale vent en provenance de l’étranger" qui allait freiner l’économie.

Des signes avant-coureurs présagent déjà ce retournement de conjoncture. Au plus bas en six ans, l’indice des directeurs d’achat PMI qui mesure le climat de confiance au sein des branches industrielles, s’est fortement dégradé ces derniers mois. S’établissant à 52,2 en mai, cet indice s’affichait à 50,7 en juin. Un an auparavant, il culminait à 60,1.

Cette soudaine dégringolade s’explique par une baisse du carnet de commandes des industriels qui ne se démet depuis le début de l’année. Cette situation ne s’était pas produite depuis 2013. Le gouvernement a donc tout intérêt à se constituer une cagnotte dans la perspective où il faudrait relancer la machine économique embourbée dans une conjoncture internationale adverse.

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