Les négociations sur le Brexit s'intensifient

Michel Barnier, chef négociateur du Brexit pour l'UE et son homologue britannique Stephen Barclay ©REUTERS

Européens et Britanniques ont annoncé vendredi la relance des négociations sur le Brexit, à vingt jours de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Des progrès auraient été accomplis, mais il est trop tôt pour parler d’une sortie de l’impasse autour de la frontière irlandaise.

"J’ai toujours dit que le Brexit, c’est comme gravir une montagne. Nous avons besoin de vigilance, de détermination et de patience", a déclaré vendredi Michel Barnier, le chef négociateur du Brexit pour l’Union. C’était à la sortie d’une rencontre avec son homologue britannique, Stephen Barclay, le secrétaire d’État à la Sortie de l’Union européenne.

Le Français, en montagnard averti, laissait échapper un parfum d’optimisme réaliste sur la reprise de négociations autour du Brexit entre Européens et Britanniques. Les deux hommes ont décidé d’entamer un nouveau cycle de discussions pour tenter de sortir de l’impasse du Brexit.

Le temps presse. Dans vingt jours, le Royaume-Uni doit sortir de l’Union européenne. Aucun accord n’a été trouvé entre l’UE et le Royaume-Uni pour que le Brexit se passe de manière ordonnée.

Une rencontre "constructive"

"J’ai toujours dit que le Brexit, c’est comme gravir une montagne. Nous avons besoin de vigilance, de détermination et de patience."
Michel Barnier
Chef négociateur du Brexit pour l'UE

Le réalisme est de rigueur. Michel Barnier et Stephen Barclay ont affirmé vendredi qu’ils avaient eu une "rencontre constructive", ce qui ne veut pas dire grand-chose, la plupart des rencontres du genre ayant été qualifiées de "constructives" depuis le référendum sur le Brexit, afin d’éviter d’en révéler la teneur. Michel Barnier a ensuite fait son rapport au Coreper, l’instance regroupant les 27 ambassadeurs des États membres de l’UE. Selon nos informations, lors de cette réunion, le chef négociateur aurait recommandé d’accélérer la cadence des négociations en vue d’arriver à un accord lors du sommet européen des 17 et 18 octobre prochains.

Michel Barnier aurait expliqué aux ambassadeurs que les Britanniques ont accepté l’idée qu’aucune solution proposée par Londres pour remplacer le "backstop", le filet de sécurité, ne pourrait conduire à l’érection d’une nouvelle frontière entre les deux Irlandes. Pour cette raison précise, une accélération des négociations serait envisageable. Mais Michel Barnier n’est pas allé dans les détails sur la nature exacte des concessions mises sur la table par les Britanniques.

La rencontre jeudi entre les Premiers ministres britannique Boris Johnson et irlandais Leo Varadkar a sans conteste apporté de l’huile dans la mécanique grippée des négociations. Pour autant, aucun miracle n’est à attendre de ce nouveau round.

Pour rappel, le "backstop" vise à créer un territoire douanier unique englobant l’UE et le Royaume-Uni pour éviter qu’une frontière physique ne réapparaisse entre les deux Irlandes. C’est la pierre d’achoppement du Brexit. Ce filet de sécurité, exigé par l’UE et rejeté par Boris Johnson, avait été négocié avec l’ancienne Première ministre britannique Theresa May. Pour Londres, un de ses désavantages serait de limiter sa capacité à conclure des traités commerciaux avec des pays tiers.

Reprise des négociations

Des négociations vont se tenir lors de ce weekend et la semaine prochaine, jusqu’au sommet des 17 et 18 octobre. Mais aucune avancée déterminante n’est attendue avant la rencontre des chefs d’État ou de gouvernement. "Les négociations ne sont pas entrées dans une phase déterminante", dit une source.

Si les négociations demeurent dans l’impasse au-delà du sommet, il ne restera qu’une dizaine de jours pour trouver une solution.

Le défi est immense, sachant qu’un accord entre l’UE et le Royaume-Uni doit être entériné par leurs assemblées respectives.

Il se pourrait, pour éviter une sortie sans accord et ses conséquences incalculables, que le Brexit soit à nouveau reporté. Ce ne serait pas une première et cela ouvrirait la porte à d’autres scénarios, comme de nouvelles élections au Royaume-Uni, auxquelles Boris Johnson semble se préparer. Mais cela relève de la spéculation.

La partie se joue avant tout sur le terrain de la communication, aucune des parties ne souhaitant, à quelques jours du Brexit, devenir le valet noir du jeu en cours.

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