Matteo Salvini tente de mener une alliance des populistes

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L’homme fort de l’extrême droite italienne a lancé lundi à Milan un appel pour une alliance des nationalistes en vue des élections européennes de mai. Mais le succès de cette initiative n’est pas garanti.

"Nous allons faire grandir la famille et nous voulons gagner." Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, affichant déjà un sourire victorieux, explique ainsi le sens premier de la rencontre qui a eu lieu lundi à Milan entre son parti, la Ligue, et plusieurs formations populistes européennes.

L’horizon temporel de cette nouvelle "Europe du bon sens" est clair: les élections de fin mai. Son objectif l’est aussi: ne pas œuvrer pour la fin de l’Union européenne – comme souvent annoncé par le passé – mais la subvertir de l’intérieur en jetant les bases d’un grand groupe qui soit à même d’influencer le profil et les décisions du futur Parlement européen.

"L’Europe des bureaucrates, des banquiers, des bien-pensants et des migrants est devenue un cauchemar."
Matteo Salvini
Ministre italien de l’Intérieur

Comme toujours, l’homme fort de l’univers politique de la péninsule – la Ligue est aujourd’hui créditée d’environ 35% des voix dans les sondages – se veut rassurant et disruptif à la fois. Il ne renie donc pas l’Europe du traité de Maastricht, "fondée sur la pleine occupation et l’identité", tout en expliquant que cette nouvelle famille eurosceptique ne compte en son sein aucun "nostalgique, extrémiste ou survivant des temps passés".

Assisté par l’Allemand Jörg Meuthen, porte-parole fédéral de Alternative für Deutschland, Olli Kotro des Vrais Finlandais et Anders Vistisen du Parti populaire danois, Salvini a toutefois clairement désigné les ennemis de cette nouvelle alliance européenne et indiqué que "les seuls nostalgiques au pouvoir sont ceux qui siègent à Bruxelles". Et, fidèle à une rhétorique bien rodée, il a rappelé que "l’Europe des bureaucrates, des banquiers, des bien-pensants et des migrants est devenue un cauchemar pour de très nombreux électeurs du continent".

Au cœur du programme "alternatif", encore embryonnaire et confus, de cette formation eurosceptique transversale, Salvini place "la famille, le travail, la sécurité, l’environnement et la protection des frontières extérieures de l’Union". Et il ajoute que sa stratégie d’attaque est simple: "être nombreux et influents afin de nommer le plus grand nombre de commissaires".

Sans Le Pen ni Orbán

La grande absente de cette rencontre à Milan a été Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national. Néanmoins, le 5 avril dernier, Salvini a posté sur les réseaux sociaux une photo le montrant très à l’aise aux côtés de la femme politique française, rencontrée au cours d’un séjour à Paris. Une façon de sceller en image le pacte encore officieux entre les deux formations populistes.

Alors que Viktor Orbán, Premier ministre hongrois et enfant rebelle du Parti populaire européen, était lui aussi absent hier, son entourage a voulu souligner ses affinités électives avec le ministre de l’Intérieur italien en annonçant la prochaine visite de celui-ci en Hongrie.

L’"Europe des peuples", contestataire, souverainiste et repliée sur elle-même, commence ainsi à afficher son nouveau visage.

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