Maystadt confirme la piste du rachat de la dette grecque

(© Dominic Verhulst)

Philippe Maystadt, le président de la Banque européenne d'investissement, a confirmé que la solution qui consisterait à permettre au Fonds de secours de la zone euro de racheter des titres de la dette grecque était envisagée. Il a également confirmé la tenue prochaine d'une réunion au plus haut niveau.

Le président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Philippe Maystadt, a confirmé mardi soir que la zone euro envisageait de racheter "aux prix du marché" des titres de la dette publique grecque, afin de soulager les finances publiques d'Athènes.

"Il y a une proposition qui est soutenue par la Banque centrale européenne (BCE), par la Commission européenne, et dont on va discuter, et qui consisterait à permettre à la Facilité européenne de stabilité financière (le Fonds de secours de la zone euro, NDLR) de racheter les titres de la dette grecque aux prix du marché", a déclaré Philippe Maystadt sur la télévision privée belge RTL-TVI.

Alors que, de manière générale, les Européens sont encore divisés sur les moyens d'aider la Grèce, Maystadt a ajouté que bien qu'il y ait "un accord sur l'objectif, il n'y a pas encore un accord sur les moyens d'y parvenir". Le président de la BEI, qui a participé mardi à une réunion des ministres des Finances de l'UE à Bruxelles, a encore assuré que "l'objectif est clair: il faut faire en sorte que la dette de l'Etat grec devienne plus supportable, donc ça veut dire qu'il faut réduire le rapport de la dette au PIB de la Grèce". Un rachat d'une partie de la dette servirait à cela.

Réunion de haut niveau, mais quand?

Philippe Maystadt a par ailleurs confirmé que la zone euro envisageait de se réunir au plus haut niveau, celui de ses dirigeants, dans les prochains jours pour tenter d'éviter la contagion de la crise de la dette à l'Italie et l'Espagne qui sonnerait le glas de l'Union monétaire.

"Les marchés ont en horreur l'incertitude. Quand la situation n'est pas claire, les marchés pensent tout de suite au pire. Donc il faut les rassurer et pour cela il faut faire la clarté", a déclaré l'ancien ministre belge des Finances.

"C'est la raison pour laquelle il faudrait très vite annoncer une solution claire, définitive au problème de la dette grecque et ainsi arrêter l'effet de contagion. C'est pour cela que j'espère que dans les prochains jours, les chefs d'Etat et de gouvernement pourront annoncer clairement quel chemin on choisit pour rendre la dette grecque plus soutenable", a-t-il expliqué.

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, envisage de convoquer pour vendredi ou à brève échéance un sommet extraordinaire des dirigeants des pays de la zone euro pour tenter de crever l'abcès en définissant une riposte coordonnée. Des sources diplomatiques à Bruxelles ont confirmé qu'une telle réunion était "à l'étude", tandis qu'au sein du gouvernement allemand on précisait mardi soir que rien n'était encore décidé.

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