Merkel ne parlera pas des eurobonds

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Angela Merkel n'abordera pas d'elle-même la question des euro-obligations avec Nicolas Sarkozy, alors que les deux ténors européens se rencontrent ce mardi pour parler de la gouvernance de la zone euro.

La création éventuelle d'obligations émises en commun par les pays de la zone euro (Eurobonds) ne figurera pas au menu des entretiens de Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel mardi à Paris, indique lundi la présidence française. "Les Eurobonds ne sont pas à l'ordre du jour", a-t-elle déclaré. Mais la chancelière allemande a ajouté que si le président français mettait la question sur la table, elle ne refusera pas de les évoquer.

La présidence française a confirmé l'information donnée un peu plus tôt à Berlin. Le porte-parole de la chancelière a en effet affirmé que la création éventuelle d'obligations communes aux pays de la zone euro "ne jouera aucun rôle" lors de la rencontre.

En outre, le le porte-parole d'Angela Merkel a refroidi les espoirs nourris autour de cet entretien. "Il ne faut rien attendre de spectaculaire" à l'issue de cette réunion, a commenté Steffen Seibert lors d'une conférence de presse. "Les gens attendent une fois de plus un grand coup spectaculaire" qui règlerait d'un coup tous les problèmes, a-t-il dit, mais il ne saurait y avoir de telle annonce miracle. 


Lors de l'annonce de cet entretien la semaine passée, l'Elysée avait indiqué que le président français et la chancelière allemande devaient discuter de propositions pour améliorer la gouvernance de la zone euro qu'ils soumettront ensuite à leurs partenaires. Les deux grandes économies de la zone euro s'étaient engagés à faire de telles propositions à l'issue du sommet de Bruxelles qui avait adopté le 21 juillet un mécanisme renforcé de gestion des crises en son sein.

→ La question de ces eurobonds suscite toujours un grand débat en Allemagne.

Le président de l'association des exportateurs allemands (BGA), Anton Boerner, a exhorté lundi les dirigeants de l'Allemagne et de la France à se mettre d'accord sur la création d'obligations communes à la zone euro à l'occasion du sommet bilatéral prévu mardi à Paris. Mais déjà, le porte-parole du gouvernement allemand assure que les ''eurobonds'' ne seront pas au menu de la réunion Sarkozy-Merkel.
 
Dans une interview à Reuters, le patron de la BGA Anton Boerner a déclaré que sans ces "eurobonds", que Berlin refusait jusqu'à présent, il y avait un risque que la crise de la dette en Europe débouche sur une dépression mondiale. "Nous devons montrer aux marchés que nous sommes prêts à utiliser les outils appropriés, c'est-à-dire des eurobonds signés par l'Allemagne", a-t-il dit. "Nous avons besoin d'eurobonds sous de strictes conditions", a-t-il ajouté, mentionnant l'introduction de "règles d'or" budgétaires dans les constitutions de tous les pays de la zone euro.
"Nous en avons besoin, et nous en avons besoin rapidement", a encore dit Anton Boerner, qui a appelé à l'émission de ces emprunts communs sans limitation de volume. S'inscrivant dans cette même dynamique plus tôt samedi, le ministre italien des Finances Giulio Tremonti avait estimé que de telles euro-obligations auraient permis d'éviter la crise actuelle. 

Pas question d'eurobonds. Mais...

La zone euro ne peut se réformer que "pas à pas", et pas forcément aussi vite qu'elle le souhaiterait parce qu'elle doit s'assurer de l'adhésion des citoyens, juge le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble.

"Nous allons nettement renforcer le pacte de stabilité", a annoncé le ministre conservateur, dans un entretien à l'hebdomadaire Spiegel. Mais "nous ne pouvons renforcer les institutions européennes, comme nous le souhaiterions maintenant et tout de suite, que pas à pas", a-t-il ajouté, "nous devons emmener les citoyens avec nous".

"Quand nous avons créé l'euro ce n'était pas possible de réaliser en même temps une union politique, les gens n'étaient pas prêts", analyse le ministre, vétéran de la politique souvent décrit comme le dernier Européen du gouvernement d'Angela Merkel. "Entre temps (le degré d') acceptation pour aller dans une telle direction a augmenté", juge-t-il, mais "c'est un processus, il est parfois pénible et parfois lent".

Schäuble a répété qu'il ne saurait toutefois être question de mutualiser les dettes des membres de la zone euro. "On en reste là: il n'y pas de mutualisation des dettes et pas d'aide à l'infini. Il y a des mécanismes de soutien, que nous continuons à élaborer, sous conditions strictes".

L'Allemagne reste notamment strictement opposée à l'émission par la zone euro dans son ensemble d'obligations communes. "J'exclus ces euro-obligations (ou eurobonds) tant que les Etats membres mènent leur propre politique budgétaire", a dit Schäuble.

 

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