Plus de 450 blessés lors d'une manifestation antigouvernementale en Roumanie

Bucarest, le 10 août 2018 ©AFP

Plus de 450 personnes ont été blessées et une trentaine interpellées vendredi soir à Bucarest lors d'une manifestation contre le gouvernement roumain qui a dégénéré, a annoncé samedi la gendarmerie.

Le président roumain de centre droit Klaus Iohannis, en conflit ouvert avec la majorité de gauche, a fustigé "l'intervention brutale et disproportionnée" des forces de l'ordre et demandé au Parquet général d'ouvrir une enquête sur les circonstances de cette opération. Il a reproché dans la foulée au gouvernement d'"oeuvrer contre les intérêts des citoyens", accusant les responsables du parti social-démocrate au pouvoir de "mener le pays vers le chaos et le désordre".

Selon des sources hospitalières, la plupart des manifestants blessés ont dû être soignés après avoir inhalé des gaz lacrymogènes, tandis que d'autres souffrent de contusions. Une trentaine de gendarmes figurent au nombre des blessés, onze d'entre eux ayant été hospitalisés.

Critiquée par l'opposition de centre-droit pour son intervention en force, la gendarmerie a assuré avoir agi "de manière graduelle et proportionnelle" en réponse aux actions violentes de plusieurs dizaines de hooligans.

La Première ministre Viorica Dancila a réagi aux critiques de M. Iohannis, l'accusant d'"instrumentaliser les effets dramatiques de ces événements" et d'"inciter la population contre les forces de l'ordre".

Quelque 80.000 Roumains, dont des milliers d'expatriés revenus spécialement dans leur pays et accompagnés pour certains de leurs enfants, s'étaient rassemblés place de la Victoire pour dénoncer la "corruption" du gouvernement. Plusieurs dizaines ont tenté de rompre le cordon policier, jetant des pierres et des bouteilles d'eau en direction des forces de l'ordre. Ces dernières ont riposté en arrosant les manifestants de gaz lacrymogènes avant d'utiliser un canon à eau pour évacuer la place.

Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le parti social-démocrate a lancé une vaste réforme de la justice qui menace l'indépendance des magistrats et vise à permettre à des responsables politiques d'échapper aux poursuites, selon ses détracteurs. Cette réforme a donné lieu à des manifestations d'une ampleur sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989, avec notamment un demi-million de personnes dans la rue en février 2017.

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