Carles Puigdemont quitte la prison de Neumünster

©REUTERS

Carles Puigdemont a payé sa caution à la justice allemande et a quitté la prison de Neumünster. Il demande au gouvernement espagnol d'"entame le dialogue" sur la question de l'indépendance de la Catalogne.

L'ancien président catalan vient de sortir de prison et a exhorté le gouvernement espagnol à "entamer le dialogue" sur la question de l'indépendance de la Catalogne. Remis en liberté sous contrôle judiciaire par la justice allemande, celle-ci estime qu'une extradition vers l'Espagne ne pourrait se faire qu'au motif de détournement de fonds publics et non de rébellion comme le demande Madrid.

"Le temps du dialogue est venu"
Carles Puigdemont
Ancien président catalan

"Le temps du dialogue est venu", a-t-il déclaré juste après sa sortie de la prison de Neumünster en Allemagne, où il était détenu depuis une dizaine de jours. "Les autorités espagnoles n'ont aucune excuse pour ne pas entamer le dialogue", a-t-il ajouté, "nous avons demandé un dialogue pendant des années et obtenu pour réponse seulement violence et répression".

Sous contrôle judiciaire

Il lui sera interdit de quitter l'Allemagne dans l'attente d'une décision finale sur son cas et devra pointer une fois par semaine dans un commissariat.

• La décision du tribunal. La justice allemande a estimé jeudi qu'une éventuelle extradition de Puigdemont vers l'Espagne ne pourrait se faire qu'au motif de détournement de fonds publics, et non de rébellion comme le demande Madrid. Le tribunal de Schleswig-Holstein a estimé dans un communiqué que les faits de "rébellion" qui sont reprochés à Carles Puigdemont par la justice espagnole dans le mandat d'arrêt européen ne pouvaient être retenus au regard du droit allemand. Seules les accusations de détournements de fonds publics, en lien avec l'organisation du référendum d'indépendance de la Catalogne en octobre, peuvent constituer un motif de remise à l'Espagne mais ne justifient pas en soi un maintien en détention. 

→ Cette remise en liberté sous contrôle judiciaire de Puigdemont avait été conditionnée au paiement d'une caution de 75.000 euros, dans l'attente de l'examen au fond de la demande d'extradition pour détournement de fonds.

"Les autorités espagnoles n'ont aucune excuse pour ne pas entamer le dialogue."
Carles Puigdemont
Ancien président catalan

Puigdemont a été interpellé fin mars dans le nord de l'Allemagne, alors qu'il revenait d'un déplacement en Finlande en voiture et se rentrait en Belgique. L'arrestation était intervenue en exécution du mandat d'arrêt européen lancé par la Cour suprême espagnole. 

Pour rappel, Puigdemont a été destitué par le gouvernement de Madrid après la vaine déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne le 27 octobre dernier. 

Madrid "respecte" la décision

Le gouvernement espagnol a réagit à la décision de la justice allemande en faisant savoir qu'il respectait "toujours" les décisions judiciaires, qu'elles "lui plaisent ou non".

Les anciens ministres catalans en Belgique laissés en liberté

Meritxell Serret, Antoni Comin et Lluis Puig, tous les trois anciens ministres catalans, qui avaient fui en Belgique suite à la déclaration d'indépendance avortée de la région le 27 octobre, ont été laissés jeudi soir en liberté sous conditions à l'issue de leur audition par le juge d'instruction.

Ils comparaîtront d'ici une quinzaine de jours devant la chambre du conseil de Bruxelles qui devra se prononcer sur le mandat d'arrêt européen émis à leur encontre par la justice espagnole

©AFP


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