analyse

Salvini sème la haine, des Italiens passent aux actes et l'Europe se tait

©REUTERS

Les agressions racistes se multiplient en Italie, alors que le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini reprend les thèmes propagandistes de Benito Mussolini.

Le jour de l’anniversaire du dictateur italien Benito Mussolini, le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini s’est fendu d’une citation du Duce sur son compte Twitter. "Tant d’ennemis, tant d’honneurs!" dit ce message écrit le 29 juillet.

Le tweet renvoie vers un article illustré par une photo de Salvini ciblée par une arme, dans lequel le leader de la Ligue du Nord est érigé en victime de la gauche, de l’Église et des intellectuels. Il répondait, entre autres, à un article lapidaire du magazine chrétien Famiglia Cristiana qui avait titré "Vade retro Salvini".

Comme l’ancien dictateur, dont il se fait l’héritier, Matteo Salvini s’érige en victime dans les médias. Il multiplie les citations du Duce et va jusqu’à poser torse nu, comme le faisait Mussolini dans les magazines de l’époque.

L’Italie a-t-elle perdu la mémoire des crimes du fascisme? Dans les sondages, la Ligue atteignait 17% au lendemain des élections, le 4 mars. Elle pèse aujourd’hui 30%.

Peu après son arrivée au pouvoir, le 1er juin dernier, Matteo Salvini a remis au goût du jour la crise politique autour des migrants en fermant les ports italiens à l’Aquarius, un navire allemand transportant 630 personnes sauvées de la noyade. S’il est vrai que l’Italie, en première ligne, a accueilli plus de migrants que la plupart des autres pays de l’UE lors de la crise de 2015, le nombre d’arrivées a chuté en trois ans. 

L’UE, dont l’Italie est un pays fondateur, reste muette face à ces agressions et aux dérives mussoliniennes de Matteo Salvini.

Appel à l’épuration

"Nous avons besoin d’une épuration en masse. Rue par rue. Quartier par quartier, avec la manière forte si besoin en est", lance Matteo Salvini dans une vidéo enregistrée en février lors de la campagne. Il a essayé par la suite de faire passer ces propos comme s’adressant à la mafia calabraise. Mais l’analyse de la version complète de la vidéo est sans appel, il parle bien de migrants.

Cet appel, comme bien d’autres, a été pris à la lettre. Ces derniers jours, dans ce climat nauséabond, les agressions racistes sont montées en puissance dans la péninsule.

Dans la nuit de samedi à dimanche, Hady Zuady, un Marocain, est accidenté et battu à mort après une course poursuite.

Le 27 juillet à Palerme, des Italiens rouent de coups Dieng Khalifa, un jeune Sénégalais, aux cris de "sale nègre".

Le 26 juillet à Cassola, Lenny Delgado, un ouvrier cap-verdien, reçoit une balle dans le dos.

Le 17 juillet à Rome, un bébé rom de 15 mois est touché à la colonne vertébrale par la balle d’un fusil à air comprimé. Il risque la paralysie à vie.

Ces attaques et les déclarations du ministre Salvini accentuent un climat de peur. Le 29 juillet, la lanceuse de disque Daisy Osakue, d’origine nigériane, affirme qu'elle a été agressée par des gens la qualifiant de "prostituée noire". Elle s’en tire avec une lésion de la cornée. La justice ne retiendra pas l'acte raciste, les jeunes responsables de cette attaque ayant attaqué d'autres personnes de couleur blanche et affirmé qu'ils ne faisaient pas ça par racisme. 

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