Trois ans après le veto wallon, la France s'écharpe sur le Ceta

©AFP

L’Assemblée nationale française a reporté d’une semaine son vote sur le Ceta face aux dimensions que prend le débat. L’accord de libre-échange euro-canadien déchaîne toujours les passions.

Pendant que les dirigeants européens et canadiens célébraient leur alliance lors d’un sommet UE-Canada à Montréal, la France croisait le fer sur la ratification du Ceta, ce mercredi. L’Assemblée nationale (chambre basse) s’animait de débats passionnés sur un traité toujours très clivant, près de trois ans après la crise provoquée par le veto wallon.

"Le ciel ne nous est pas tombé dessus."
Cécilia Malmström
Commissaire européenne au Commerce

Le vote des élus français devait initialement intervenir à l’issue des débats mercredi soir, mais un scrutin public a finalement été programmé pour mardi prochain, officiellement face au grand nombre de députés souhaitant s’exprimer et du risque de prolongations des débats dans la nuit. Le gouvernement d’Édouard Philippe défendait un accord "important", face à une opposition inquiète de risques sanitaires, agricoles et environnementaux. Mais le texte suscite des réticences jusque dans la majorité, indique l’Agence France Presse (AFP), selon laquelle des abstentions sont à prévoir.

Le débat sur le traité de libre-échange euro-canadien avait été ranimé en début de semaine par les avocats des deux camps.

Figure du combat contre le traité de libre-échange, Paul Magnette avait rappelé mardi dans les colonnes du Monde que le traité de libre-échange euro-canadien restait "à ce stade" inacceptable pour lui, toujours opposé aux tribunaux d’arbitrage que la Cour de Justice de l’Union a jugés conformes au droit communautaire, et jugeant toujours que les standards sociaux et environnementaux du Ceta sont insuffisants.

Les agriculteurs et écologistes opposés aux accords commerciaux européens sont victimes de "rumeurs" et de "fausses interprétations".
Cécilia Malmström
commissaire au Commerce

La commissaire au Commerce Cécilia Malmström de son côté a une nouvelle fois défendu l’accord scellé par son prédécesseur Karel De Gucht, estimant dans une interview à l’AFP que les agriculteurs et écologistes opposés aux accords commerciaux européens sont victimes de "rumeurs" et de "fausses interprétations", soulignant que depuis son entrée en vigueur provisoire, "le ciel ne nous est pas tombé dessus".

Entré provisoirement en vigueur en 2017 et ratifié à ce jour par 13 des 28 États de l’Union, le Ceta a vu les exportations européennes vers le Canada augmenter de 15%, indique-t-on à la Commission européenne, alors que les exportations canadiennes vers l’Union ont augmenté de 7% l’an dernier. 

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