Un des assaillants de l'église était inculpé pour lien avec le terrorisme

Une prise d'otages a eu lieu ce mardi matin dans une église de Saint Etienne de Rouvray, au sud de Rouen. Les deux preneurs d'otage ont été abattus après avoir tué le prêtre. Ils se sont revendiqués de l'Etat islamique, qui les a reconnus comme ses "soldats".
  • Le point de la situation à 22h30

    • Deux individus ont pris en otage cinq personnes dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray (sud de Rouen) en pleine messe.

    • Les assaillants ont été abattus par les policiers du RAID vers 10h45.

    • Le prêtre Jacques Hamel, 84 ans, a été égorgé. Un autre otage est grièvement blessé. Deux autres paroissiens ont également été blessés dans l'attaque, d'après le ministère de l'Intérieur.

    • L'Etat islamique a revendiqué l'attaque après que les individus se soient préalablement réclamés de Daech.

    • Une personne a été arrêtée et des perquisitions sont menées chez les parents d'un des assaillants.

    • Adel Kermiche, 19 ans, originaire de Seine-Maritime, identifié comme un des tueurs, avait tenté par deux fois en 2015 de gagner la Syrie.

    ©AFP


  • Un des auteurs de l'attentat connu de l'antiterrorisme

    L'un des deux auteurs de l'attentat était connu de la justice antiterroriste française et avait été libéré de prison sous contrôle judiciaire en mars dernier, a déclaré François Molins.

    Le parquet de Paris avait fait appel sans succès de sa libération.

    Adel Kermiche, 19 ans, originaire de Seine-Maritime, avait tenté par deux fois en 2015 de gagner la Syrie, a précisé le procureur de la République de Paris lors d'une conférence de presse.

    Il avait été mis en examen une première fois en mars 2015 pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme". Après une deuxième tentative avortée de gagner la Syrie en mai de la même année, il avait été de nouveau mis en examen et placé en détention provisoire jusqu'au 18 mars 2016.

    Le juge d'instruction antiterroriste avait alors ordonné son placement sous contrôle judiciaire dans le cadre d'une assignation à résidence sous surveillance électronique, a précisé le procureur.

    "Le parquet de Paris a fait appel de ce placement sous contrôle judiciaire en requérant le maintien du mis en examen en détention provisoire. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a le 25 mars confirmé la décision du juge d'instruction de mise en liberté sous contrôle judiciaire", a dit François Molins.

    Le deuxième auteur de l'attentat, qui a également fait un blessé grave, était toujours en cours d'identification, a dit le procureur et des perquisitions se poursuivent.

  • "Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"

    L'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a cité sur le perron de l'Élysée la "parole de Jésus, "pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".

    A l'issue d'un entretien de dix minutes avec le président François Hollande et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, Mgr Lebrun a évoqué "trois aspects" qui sont "dans son cœur" après l'assassinat du prêtre: "les larmes de Jésus, son agonie", mais aussi "ce qu'il a dit sur une montagne (...): "on vous a dit d'aimer, moi je vous dis d'aimer vos ennemis et même de prier pour eux". Aimer ses ennemis, est-ce possible ? Je vais essayer, au moins je vais prier pour eux", a-t-il poursuivi, manifestement ému.

    "La troisième chose que je retiens, c'est cette parole de Jésus: "pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". C'est une parole qu'il a prononcée sur la croix. Je crois que Dieu a essayé de nous apprendre à ne pas avoir une politique du bouc émissaire, "C'est la faute à...", moi-même je vais essayer d'être attentif à ce qu'il y a dans mon cœur", a-t-il poursuivi.

    Après son rendez-vous à l'Élysée, Mgr Lebrun a indiqué sa hâte d'être "le plus vite possible à Saint-Etienne-du-Rouvray" pour "(se) recueillir et retrouver si possible les (siens)".

  • "Nous gagnerons la guerre contre le terrorisme"

    ©AFP

    La France gagnera la guerre contre le terrorisme en faisant "bloc", a déclaré François Hollande, tout en refusant toute dérogation aux règles constitutionnelles.

    "Face à cette menace, qui n'a jamais été aussi grande en France comme en Europe, le gouvernement fait preuve d'une détermination absolue", a assuré le chef de l'Etat lors d'une déclaration à l'Elysée. "Il mobilise tous les moyens humains et matériels."

    "Le gouvernement applique et appliquera avec la plus extrême fermeté les lois que nous avons fait voter", dont la capacité est amplifiée par la prolongation de l'état d'urgence, a-t-il ajouté.

    "Mais je le dis clairement : restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles n'apporterait pas d'efficacité dans la lutte contre le terrorisme et affaiblirait
    à coup sûr la cohésion si précieuse de notre nation", a poursuivi François Hollande, jugeant que "notre pays doit éviter les surenchères, les polémiques, les amalgames, les suspicions."

    Le président a renouvelé son appel à "faire bloc" face une guerre qui sera longue et face à laquelle la démocratie constitue selon lui "un bouclier".

    "Je vous l'assure, cette guerre nous la gagnerons", a-t-il conclu.

  • L'un des assaillants de l'église était inculpé pour lien avec le terrorisme

    L'un des deux auteurs de l'attaque avait été inculpé pour lien avec le terrorisme et placé en détention avant de bénéficier d'une liberté conditionnelle, selon une source proche de l'enquête.

    Cet homme, connu des services antiterroristes, avait tenté de rallier la Syrie par deux fois en 2015, a précisé cette source. Depuis sa libération, il avait obligation de porter un bracelet électronique permettant à la police de le localiser en permanence.

  • Obama offre son aide

    La Maison Blanche a condamné "dans les termes les plus forts" l'attaque et proposé son aide pour mener l'enquête sur cet attentat. "La France et les Etats-Unis ont un engagement commun pour protéger la liberté religieuse pour tous les cultes, et la violence d'aujourd'hui n'ébranlera pas cet engagement", a déclaré dans un communiqué Ned Price, porte-parole de l'exécutif américain.

  • Perquisition au domicile des parents de l'un des assaillants

    Les forces spéciales françaises sont en train de mener une perquisition au domicile des parents de l'un des auteurs de l'attaque, affirme la chaîne BFMTV. Selon la chaîne d'informations, la police serait à la recherche de liens entre cet individu et l'islam radical. Un ordinateur pourrait être saisi.

    ©REUTERS

  • Les assaillants auraient forcé le prêtre à se mettre à genoux avant de le tuer et ils auraient filmé la scène. C'est ce qu'a annoncé Soeur Danielle, une nonne qui a échappé à l'attaque.

  • Les idées de la droite et de l'extrême droite

    La droite et l'extrême droite ont réclamé plus d'actes et de fermeté au gouvernement face au risque selon elles de "guerre de religions".

    Plusieurs élus ont toutefois mis en garde contre toute déclaration polémique et souligné la nécessité de la cohésion nationale alors que perdure la controverse entre Christian Estrosi, président (Les Républicains) de Provence-Alpes-Côte d'Azur, et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sur le dispositif de sécurité à Nice.

    "Notre ennemi n'a pas de tabou, n'a pas de limites, n'a pas de morale, n'a pas de frontières. Nous devons être impitoyables"
    Nicolas Sarkozy
    Président du parti Les Républicains



    Nicolas Sarkozy (LR), pour qui "notre ennemi n'a pas de tabou, n'a pas de limites, n'a pas de morale, n'a pas de frontières", il faut être "impitoyable". Il demande que le gouvernement applique "sans délai" les propositions avancées "depuis des mois" par son parti , à savoir:

    - que les préfets soient autorisés à fermer tout lieu de culte radicalisé "en urgence absolue"

    - qu'ils puissent diligenter des contrôles d'identité, des fouilles de bagages et de véhicules sur leur territoire de compétence

    - que tout étranger dont les connexions, directes ou indirectes, avec un groupe terroriste sont démontrées soit expulsé de France

    - que tout ressortissant français dans la même situation soit placé dans un centre fermé ou avec un bracelet électronique pour une durée de trois mois.

    - qu'on crée des centres de déradicalisation "à la hauteur des besoins"

    - que les détenus condamnés pour terrorisme ne puissent bénéficier d'aménagements ou de réductions de peines automatiques.

    Le député LR Georges Fenech, président de la commission d'enquête parlementaire sur la lutte contre le terrorisme, s'est dit à la disposition de Manuel Valls pour participer à un "effort national" contre le terrorisme.

    "Nous ne pouvons pas nous laisser emporter dans ce que Daech recherche, c'est-à-dire la division, la fracture de notre société", a-t-il dit sur RTL. "Ce que je crains aujourd'hui, c'est le patron de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure-NDLR) qui nous l'avait dit, c'est qu'il y ait des violences intracommunautaires, des violences interreligieuses".

    "Il faut que l'on prenne des mesures comme la société israélienne a su en prendre pour assurer sa sécurité"
    Hervé Morin
    Ancien ministre de la Défense



    Pour Hervé Morin, président (Nouveau Centre) de la région Normandie et ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, "il faut que l'on prenne des mesures comme la société israélienne a su en prendre pour assurer sa sécurité".

    Alain Juppé, favori de la primaire à droite en tournée dans le Pacifique, a fait part de son émotion via Twitter, sans plus de commentaire, tandis que François Fillon, également sur Twitter, écrivait : "Nous indigner ne suffit plus".

    Enfin la présidente du Front national Marine Le Pen met en cause pour sa part des "décennies d'aveuglement et de laxisme". "La réponse est politique" et "la préservation de l'Etat de droit, indispensable, et sur laquelle nous ne transigerons pas, passe d'abord par l'application des lois et des peines", dit-elle.

  • Les églises sous une menace latente depuis janvier 2015

    L'attaque a confirmé la crainte des autorités françaises de voir des lieux de culte être pris pour cible. La question de la protection des lieux de culte a émergé quelques jours après les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et une supérette casher qui ont poussé les autorités à lancer l'opération Sentinelle.

    Quelque 1.227 sites chrétiens sont actuellement protégés via ce dispositif de surveillance de lieux sensibles qui mobilise forces de sécurité intérieure et militaires. Un millier de sites musulmans font également l'objet de surveillance ainsi que 794 sites juifs.

  • Un des assaillants extradé de la Suisse vers la France

    Un des deux assaillants est en cours d'identification. C'est un français de 19 ans, qui avait été arrêté à l'aéroport de Genève le 14 mai 2015, selon les informations de la Tribune de Genève. Il s'agirait d'un "velléitaire du djihad refoulé par les autorités turques", affirme une source proche du dossier au Figaro. "A.K. avait tenté deux fois de rejoindre la Syrie, d'abord via Munich, sans succès, puis via Genève. Emprisonné quelques jours à la prison de Champ-Dollon, il avait ensuite été extradé vers la France, mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme", a indiqué la Tribune de Genève.

    Il aurait été placé sous bracelet électronique en mars 2016 "comme alternative à l'incarcération". Le parquet antiterroriste de Paris avait alors fait appel de cette décision sans obtenir gain de cause. 

    Ce djihadiste présumé était, semble-t-il, incarcéré chez lui.

     

  • La police a arrêté une personne dans le cadre de l'enquête, selon une source proche du dossier.

  • L'EI revendique

    L'agence de presse liée à l'Etat islamique, Amaq, a déclaré que le groupe jihadiste revendique l'attaque en parlant de ses deux "soldats".

    "Ils ont mené cette opération en réponse à l'appel à viser les pays de la coalition des croisés."
    Amaq
    Organe de presse de l'EI

  • "Les terroristes se réclament de Daech"

    Le président français, François Hollande, a dénoncé "un ignoble attentat terroriste". Il affirme que les deux "terroristes" de l'église normande se sont réclamés de Daech. "Nous devons mener la guerre contre l'État islamique par tous les moyens", a-t-il ajouté.

    "Ce sont tous les catholiques qui ont été frappés mardi par les deux assaillants de l'église normande", a déclaré le président.

    Il a également annoncé qu'il réunira mercredi la conférence des représentants des cultes en France. 

  • Cette attaque survient le jour de l'ouverture à Cracovie (Pologne) des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), grand rassemblement catholique auquel doit participer le pape François.

    → Lire également Des JMJ sous haute sécurité

    L'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a décidé de revenir de Cracovie. "Mon devoir est d'être près de la communauté choquée", a-t-il déclaré.

  • Une église déjà menacée

    Sid Ahmed Ghlam avait déjà été soupçonné de vouloir prendre l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray pour cible

    • Qui est Sid Ahmed Ghlam? Cet étudiant algérien de 24 ans préparait une attaque contre une église de Villejuif, dans la région parisienne. L'attaque avait été déjoué par la police en avril 2015. L'étudiant en informatique avait reçu des "instructions données vraisemblablement de Syrie et pour le compte d’organisations terroristes", ainsi qu’une aide sous forme de véhicules et d’armements, affirmait le ministère de l’Intérieur. Sid Ahmed Ghlam est également soupçonné du meurtre d’Aurélie Chatelain, qui avait été retrouvée tuée par balle dans sa voiture. 

     

    ©Photo News

  • Le Vatican condamne "un meurtre barbare"

    Le pape François s'associe "à la douleur et à l'horreur" et "condamne de la manière la plus radicale" l'attaque dans une église en France, selon un communiqué du Vatican qui évoque "un meurtre barbare".

    ©REUTERS

    "Nous sommes particulièrement frappés parce que cette violence horrible est intervenue dans une église, un lieu sacré où s'annonce l'amour de Dieu, avec le meurtre barbare d'un prêtre et des fidèles touchés", a expliqué le Vatican.

  • Un camion de déminage est arrivé il y a près d'une heure à Saint-Etienne-de-Rouvray pour s'assurer qu'il n'y ait pas de "dispositif de piégeage",a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

  • Le parquet anti-terroriste est saisi de l'affaire de la prise d'otage de l'église de Normandie, qui a pris fin vers 10h45, a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

  • Témoignage

  • Les deux assaillants ont fait irruption pendant la messe

    Les premiers éléments de l'enquête indiquent que les deux forcenés se sont introduits derrière l'église pendant la messe qui était suivie par quatre fidèles, dont deux soeurs. Selon des sources policières, au moins l'un des deux assaillants portait une barbe et une chachia, petit bonnet en laine porté par les musulmans. 

     

    ©EPA

  • Un otage décédé

    Une source policière fait état d'au moins un mort dans la prise d'otages. Le prêtre aurait été égorgé.

  • La Brigade de recherche et d'intervention sur les lieux

     

    Les policiers de la Brigade de recherche et d'intervention sont arrivés sur place, appelés par une sœur qui a réussi à s'échapper de l'église au début de la prise d'otage. Ils ont abattu les deux assaillants lorsqu'ils sont ressortis sur le parvis de l'église.

  • François Hollande se rend sur place

  • Les deux preneurs d'otages ont été abattus

    Les policiers de la Brigade de recherche et d'intervention sont arrivés sur place, appelés par une sœur qui a réussi à s'échapper de l'église au début de la prise d'otage. Ils ont abattu les deux assaillants lorsqu'ils sont ressortis sur le parvis de l'église.

  • Prise d'otage dans une église

    Deux hommes armés d'armes blanches étaient retranchés mardi matin dans une église au sud de Rouen avec plusieurs otages, a-t-on appris de sources policières.

    Il y aurait cinq otages dans cette église, située à Saint-Etienne-du-Rouvray, selon l'une de ces sources. Une autre source a fait état de quatre à six otages.

    → Une opération policière était en cours. 

    ©Mediafin

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