Un "dieselgate" menace l'industrie chimique

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Les tests portant sur la dangerosité des substances chimiques fabriquées en Europe et les informations communiquées à ce propos sont insuffisants dans 71% des cas, selon l’Echa, l’Agence européenne des produits chimiques.

Pas moins de 71% des substances chimiques fabriquées en Europe présentent des lacunes en matière de tests ou d’informations sur leur dangerosité éventuelle. "Nous sommes très inquiets", a indiqué Bjorn Hansen, le patron de l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), qui a consigné ces failles dans son dernier rapport.

En 2007, l’Europe avait pourtant imposé à l’industrie chimique Reach, un paquet de règles strictes censées garantir une utilisation sûre de ses produits.

Suite à ces problèmes de reporting, personne ne peut dire avec certitude si ces produits sont sans danger pour les humains et les animaux. Ces substances entrent dans la fabrication de nombreux produits industriels, mais aussi du secteur de la cosmétique, de l’alimentation, des boissons et des médicaments.

En 2007, l’Europe avait pourtant imposé des règles strictes à l’industrie chimique, censées garantir une utilisation sûre de ses produits: Reach (Registration, Evaluation, Authorization and Restriction of Chemicals). Les manquements constatés dans l’enregistrement de deux produits sur trois, douze ans après sa mise en place, porte atteinte à l’image et à la crédibilité de Reach.

Dieselgate

C’est pourquoi certains parlent d’un "dieselgate de l’industrie chimique". Et comme ce fut le cas avec les véhicules au diesel, la faute est en grande partie imputable au laxisme des Etats membres en matière de contrôles et de sanctions.

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En 2014, les autorités allemandes avaient déjà conclu que 940 produits ne répondaient pas aux normes de sécurité européennes.

En 2014, les autorités allemandes avaient déjà conclu que 940 produits ne répondaient pas aux normes de sécurité européennes. L’EEB (European Environmental Bureau), l’organisme faîtier des ONG impliquées dans la problématique du climat, avait vérifié si ces lacunes avaient entre-temps été comblées. Résultat? 654 entreprises produisant ensemble 41 substances chimiques n’étaient pas conformes aux règles. Un vent favorable nous a fait parvenir une copie de ce rapport.

BASF, Solvay, Umicore,...

Parmi les entreprises citées, on trouve de grands noms comme BASF, le plus grand groupe chimique européen, Henkel, Ineos et ExxonMobil. 33 entreprises belges se retrouvent également sur la liste, dont Solvay et Umicore.

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33 entreprises belges se retrouvent également sur la liste, dont Solvay et Umicore.

Les 41 substances chimiques n’ayant pas passé la rampe sont utilisées en grandes quantités tant dans l’industrie lourde, la peinture et les pneus, que dans les produits pour la maison, le jardin et la cuisine. Certains produits fabriqués à base de ces substances chimiques potentiellement dangereuses sont pourtant présentés dans les publicités comme étant sains et respectueux de l’environnement.

Roundup

Certaines substances chimiques peuvent être dangereuses pour la santé et l’environnement. Le pesticide accusé de provoquer le cancer – le Roundup – en est un exemple. Aux Etats-Unis, des milliers de citoyens portent plainte devant les tribunaux pour exiger des dédommagements. Le dernier plaignant a obtenu 2 milliards de dollars de compensation.

Les entreprises concernées n’ont pas encore réagi.

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