"Une entreprise doit payer des impôts là où elle fait des profits"

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenn ©EPA

Jean-Claude Juncker veut doubler son plan d'investissement et créer une Europe plus sociale. Il se dresse à nouveau contre la montée du populisme et appelle les Européens à se serrer les coudes pour que l'UE devienne "incontournable".

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a présenté mercredi son discours programme annuel sur "l'état de l'Union".

♦ Fiscalité

Toute entreprise implantée en Europe doit payer des impôts là où elle engrange des bénéfices, a déclaré Jean-Claude Juncker, deux semaines après la décision de la Commission d'ordonner à l'Irlande de réclamer 13 milliards d'euros à Apple au titre de l'impôt sur les bénéfices. "Cette Commission obtient des résultats dans le combat contre l'évasion fiscale", a-t-il ajouté.

♦ Accords commerciaux

Même s'il s'est dit "pas un fanatique du libre-échange", il a estimé qu'il fallait continuer de conclure des accords commerciaux avec des pays tiers, qui "nous apportent plus d'emplois", alors que la négociation d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis semble dans l'impasse.

Concernant le CETA avec le Canada, il a affirmé que c'était le "meilleur accord commercial" de ce niveau.


 ♦ Populisme

L'existence de l'Union européenne n'est "pas menacée" par la décision britannique de la quitter, a assuré Jean-Claude Juncker. "Nous respectons la décision britannique tout en la déplorant, mais l'UE n'est pas menacée dans son existence par cette décision", a-t-il déclaré devant le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg.

"Il y a des fractures, des fissures, des fragmentations qui s'expriment parfois et cela fait le lit du populisme", a estimé le dirigeant européen. Mais "le populisme ne règle pas les problèmes, au contraire, le populisme apporte des problèmes, soyons en sûr", a-t-il dit, déclenchant des applaudissements nourris des eurodéputés.

Par ailleurs, Jean-Claude Juncker estime que la Commission a beaucoup nié le clivage Est/Ouest. Il souhaite poser le problème à plat.

Jean-Claude Juncker a déclaré que le monde devient plus grand chaque jour tandis que l'Europe devient plus petite chaque jour. "Ce n'est qu'ensemble que nous resterons incontournables."

♦ Croissance

Juncker propose par ailleurs de doubler la capacité de son plan d'investissement. "Aujourd'hui nous proposons de doubler la durée et la capacité de notre fonds d'investissement", a-t-il dit, visant les 630 milliards d'euros "dès 2022".

Né l'an passé, le "plan Juncker", dont l'objectif est de relancer la croissance et l'emploi en Europe, devait permettre de mobiliser 315 milliards d'euros d'investissements en trois ans (de 2015 à 2018) via un fonds pour les investissements stratégiques, le FEIS. Ce fonds est financé par le budget européen et la Banque européenne d'investissement (BEI) à hauteur de 21 milliards d'euros, et doit attirer ensuite des investisseurs privés qui souhaiteraient financer des projets dans des secteurs comme l'énergie, les infrastructures ou encore la recherche.

 Social

Le président de la Commission a également plaidé pour une Europe plus sociale - contre le "dumping social" - et a promis de continuer à lutter contre le chômage.

♦ Migration

Il a aussi évoqué un nouveau projet calqué sur ce "plan Juncker", mais orienté vers des pays en développement, notamment africains. Ce plan d'investissement pourrait atteindre 88 milliards d'euros et qui pourrait aider à apaiser la crise migratoire.

♦ Défense

L'Union européenne doit "s'affirmer davantage en matière de défense" et disposer d'un quartier général unique pour coordonner ses efforts en vue d'une force militaire commune. "Nous n'avons pas de structure permanente et sans cela nous ne sommes pas capables de travailler efficacement, nous devons avoir un quartier général européen, (...) travailler à bâtir une force militaire commune." 


Il a également posé la question du poids de l'Europe dans l'aide apportée pour mettre fin à la Syrie.

♦ Télécom

Le président de la Commission européenne a proposé un plan de déploiement de la 5G, la nouvelle norme de télécommunication mobile qui permettra de développer l'internet des objets, d'ici 2025.

Il a également annoncé l'élaboration d'un nouveau cadre juridique propre à favoriser les investissements dans les réseaux de télécommunication. "Les entreprises doivent être en mesure de programmer leurs investissements en Europe à l'horizon d'une vingtaine d'années", a-t-il ajouté.

 

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