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Affaire Bettencourt : Eric Woerth à nouveau en difficulté

Eric Woerth

Le ministre français du Travail Eric Woerth était en difficulté après des déclarations aux policiers du principal collaborateur de la milliardaire Liliane Bettencourt concernant un éventuel conflit d'intérêts sur l'embauche de son épouse par la milliardaire, selon Le Monde.

Le gestionnaire de la fortune de l'héritière des cosmétiques L'Oréal, Patrice de Maistre, est sorti vendredi soir d'une garde à vue de 36 heures où il avait été placé avec trois autres proches de Liliane Bettencourt dans le cadre d'une enquête préliminaire sur le contenu d'écoutes clandestines réalisées entre mai 2009 et mai 2010 chez la milliardaire.

Ces écoutes suggèrent de possibles fraudes fiscales de Mme Bettencourt et un éventuel conflit d'intérêts lié aux fonctions de Florence Woerth au sein d'une société chargée de faire fructifier la fortune de la femme la plus riche de France au moment où son époux était ministre du Budget (2007-mars 2010).

Patrice de Maistre a affirmé aux policiers qu'Eric Woerth lui avait "demandé de recevoir sa femme pour la conseiller sur sa carrière", selon un extrait de procès-verbal d'audition publié samedi par Le Monde.fr.

Dans les enregistrements clandestins, M. de Maistre expliquait le 23 avril à la milliardaire qu'il avait engagé Mme Woerth pour "faire plaisir" à son époux. "J'avoue que quand je l'ai fait, son mari était ministre des Finances (du Budget, ndlr)", ajoutait-il.

Embauchée le 12 novembre 2007, Mme Woerth a quitté ses fonctions auprès des Bettencourt en juin. "Je reconnais que j’avais sous-estimé ce conflit d’intérêts", avait-elle déclaré quelques jours plus tard.

M. Woerth a assuré à plusieurs reprises ne pas être intervenu pour faire embaucher son épouse.

"Cette embauche, qui est tout à fait normale, ne résulte pas d'une pression de la part de M. Woerth", a réagi samedi auprès de l'AFP l'avocat du ministre, Me Jean-Yves Leborgne. "Par ailleurs, cette embauche n'a eu aucune interférence avec les fonctions de M. Woerth au ministère du Budget", a-t-il poursuivi.

Les policiers ont également demandé des explications aux gardés à vue concernant un blanchiment présumé de fraude fiscale, via l'île d'Arros aux Seychelles (évaluée à 500 millions d'euros) et deux comptes bancaires en Suisse (78 millions d'euros) non déclarés par Mme Bettencourt.

L'avocat de M. de Maistre, Me Pascal Wilhelm, a assuré samedi à la radio Europe 1 que le gestionnaire de fortune n'avait pas organisé de fraude fiscale et que certains des comptes de la milliardaire étaient "gérés par des professionnels à l'étranger".

La révélation des enregistrement clandestins, réalisés par un ex-domestique de Mme Bettencourt dans le cadre d'un conflit familial, et les déclarations d'ex-employés de la milliardaire ont entraîné l'ouverture de trois enquêtes préliminaires.

L'affaire a affaibli le ministre du Travail, chargé de procéder à l'impopulaire réforme des retraites : il est depuis accusé de conflit d'intérêts et soupçonné de financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, ce qu'il réfute.

Dimanche dernier, un rapport administratif interne sur la gestion du dossier fiscal de Liliane Bettencourt avait conclu - sans convaincre l'opposition - qu'Eric Woerth n'avait pas couvert de possibles fraudes lorsqu'il était ministre du Budget.

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