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Avec le certificat covid, feu vert pour le tourisme européen

Les touristes sont de retour sur la place St-Marc, à Venise. ©REUTERS

Le pass sanitaire européen promet de faciliter la reprise de l'activité d'un secteur touristique qui ne s'attend toutefois pas à retrouver dans l'immédiat son niveau d'avant crise.

Ce n’était encore qu’un mirage en début d’année, le voici: le certificat covid européen, que la Belgique a été la première à déployer, le 16 juin, entre officiellement en service dans l’ensemble de l’Union ce jeudi.

Le QR code, qui permet aux voyageurs de démontrer qu’ils sont soit vaccinés contre le Covid-19, soit testés négatifs, soit guéris, promet de redonner du poil de la bête au secteur touristique européen en facilitant la mobilité des personnes. Un bol d'oxygène particulièrement attendu dans les économies qui en sont le plus dépendantes, de la Grèce à l’Espagne, en passant par la Croatie ou l’Italie.

Signes de reprise

Le recul de la pandémie face au déploiement de la vaccination a déjà un effet visible. Depuis mars, selon Oxford Economics, le secteur du tourisme est en hausse de 20% par rapport aux niveaux de 2020. La société d’analyse et de prévision estime que le nombre de nuitées aura atteint en juin 45% de son niveau d’avant crise, et s’attend à ce qu’il continue de grimper jusqu'à une fourchette de 75% à 85% au mois d’août.

85%
Selon la société de prévision Oxford Economics, le nombre de nuitées en Europe pourrait atteindre en août 85% de son niveau d'avant crise.

Pour arriver à ces estimations, les analystes d’Oxford Economics se basent entre autres sur l’évolution de l’activité en ligne (réservations, etc.). Ils estiment ainsi que les deux destinations qui reprendront le plus rapidement des couleurs seraient la Croatie et le Portugal, alors que la reprise s’annoncerait plus lente en Italie et en Espagne.

Le Portugal a déjà dépassé son pic d’activité touristique de 2020, mais la reprise des infections pourrait ralentir le rebond, alors que plus de 70% des nouveaux cas dans la région de Lisbonne sont le fait du variant Delta (dit "indien"). Le gouvernement d'António Costa a été critiqué, notamment par l'Allemagne, pour avoir rouvert ses frontières aux touristes britanniques et européens dès la mi-mai.

L’an dernier, le déconfinement avait déjà permis une reprise du tourisme européen, mais elle avait plafonné à 60% du niveau de 2019. L’activité avait brutalement rechuté avec la reprise de la maladie - en avril, les nuitées étaient tombées à 90% sous les niveaux de 2019. L’activité touristique attendue dans les prochaines semaines devrait donc dépasser celle de l'an dernier, mais rester sous les niveaux d'avant la pandémie.

Du baume pour un secteur européen par contraste à la situation dans les pays en développement, dont la reprise dépend de la distribution de vaccins dans beaucoup de cas réduite à peau de chagrin. Selon l'agence des Nations unies pour le commerce (Cnuced), le secteur devrait perdre cette année entre 1.700 et 2.400 milliards de dollars par rapport à son niveau de 2019. L'Organisation mondiale du tourisme ne s'attend pas à retrouver les niveaux de touristes internationaux d'avant crise avant 2023, voire au-delà.

"Patchwork d'approches"

Dans un contexte épidémique toujours incertain en Europe, avec des campagnes de vaccination nationales qui connaissent des succès variables et la propagation d’un variant Delta beaucoup plus contagieux sur le continent, le certificat sanitaire arrive donc à point nommé. Ce "pass corona", conçu et adopté en un temps record par les institutions européennes, est désormais requis dans l'ensemble de l'Union. Il ne prescrit cependant pas l'usage que les États en font, chaque gouvernement reste maître de ses règles d'entrée et de sortie.

En pratique, l’organisation des contrôles inquiète certaines compagnies aériennes et des aéroports – plusieurs d’entre eux ont fait part de leurs inquiétudes à la Commission, parlant d'un "patchwork inquiétant d'approches" nationales à travers le continent qui risque selon elles de créer des situations chaotiques. L’exécutif européen se montre de son côté plutôt confiant. "Nous avons vu une très bonne évolution dans tous les États membres à l'exception de l'Irlande", a encore indiqué Didier Reynders. Dublin fait face à des difficultés techniques en raison d'une attaque informatique.

"Nous recommandons à tous les États membres de recourir aussi à cet outil pour toutes les utilisations nationales - pour aller aux concerts, festivals, théâtres, restaurants… Nous devons éviter la confusion et la fragmentation."
Didier Reynders
Commissaire européen

Un pass à usages multiples

Les autorités nationales peuvent utiliser le certificat Covid-19 européen pour filtrer l'accès à tous types d'événements - comme la France a notamment décidé de le faire pour les événements qui rassemblent plus de 1.000 personnes. Mercredi, le commissaire européen à la Justice Didier Reynders a lancé un appel aux États membres pour qu'ils n'utilisent pas seulement le certificat comme outil de voyage, "mais aussi pour toutes les utilisations nationales - pour aller aux concerts, festivals, théâtres, restaurants… Nous devons éviter la confusion et la fragmentation".

Le résumé

  • Le certificat Covid européen entre en vigueur et devrait redonner des couleurs au tourisme.
  • Mais des opérateurs économiques se sont inquiétés d'un possible chaos en raison de procédures trop différentes entre États.
  • La Commission se montre rassurante. Et plaide pour un recours au certificat Covid pour tous types d'usages, des concerts aux restaurants.

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