Bataille parlementaire sur les retraites en France

De nouvelles manifestations contre la réforme des retraites ont eu lieu en France, comme ici devant le Louvre où les protestataires ont comparé Emmanuel Macron à Margaret Thatcher.

Après des semaines de grèves inédites, le texte sur les retraites fait l'objet de plusieurs milliers d'amendements de la part des députés de l'opposition.

Alors que des manifestations ont encore lieu contre elle, la réforme des retraites est arrivée ce lundi à l'Assemblée nationale. Et force est de constater que l'opposition ne compte pas baisser la garde face à ce texte ultra contesté. Après avoir entravé son premier examen, au cours des derniers 10 jours, par une commission spéciale de la chambre des députés, à coups d'une nuée d'amendements, les élus de l'opposition semblent bien décidés à poursuivre sur le même mode leur obstruction au texte.

41.000
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41.000 amendements ont été déposés par l'opposition.

Preuve en est, 41.000 amendements - 23.000 par les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon et 13.000 par les communistes - ont encore été déposés ce qui devrait obliger les parlementaires à allonger la durée des débats. Guerre des nerfs, mais aussi bataille du temps donc. Alors que les discussions devaient officiellement se dérouler sur deux semaines, le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand s'est dit prêt à les prolonger à condition qu'elles ne dépassent pas plus de 100 heures, sur trois semaines. Une suggestion refusée par plusieurs présidents de groupes politiques, insoumis et communistes, toujours vent debout.

Baptême du feu pour le ministre de la Santé

Il est revenu à Olivier Véran, le nouveau ministre des Solidarités et de la Santé, qui remplace Agnès Buzyn, désormais candidate à la mairie de Paris, d'ouvrir les débats. Un baptême du feu qui s'est fait sous les huées de l'opposition. "Nous devons inventer de nouvelles solidarités", a expliqué le rapporteur du texte organique (qui doit être remplacé). "Nous prendrons pour cela le temps qu'il faudra car nous respectons le parlement", a-t-il ajouté dans un brouhaha sans nom.

«Nous voulons que le peuple soit consulté sur ce projet de loi qui remet en cause fondamentalement notre organisation sociale.»
André Chassaigne
Président communiste du groupe Gauche démocratique et républicaine à l'Assemblée nationale.

En face, Jean-Luc Mélenchon n'entend pas lâcher la moindre concession, promettant une lutte "dure" et "implacable". La gauche étudie également la possibilité de déposer une motion référendaire. "Nous voulons que le peuple soit consulté sur ce projet de loi qui remet en cause fondamentalement notre organisation sociale", a expliqué André Chassaigne, président communiste du groupe Gauche démocratique et républicaine à l'Assemblée.

Les députés LREM majoritaires

Pour l'heure, toutefois, chaque tentative de résistance laisse peu de place au suspens. L'Assemblée nationale a le dernier mot sur le Sénat et La République en Marche (LREM), parti de la majorité, règne en maître dans l'hémicycle. De quoi laisser augurer que, coup de théâtre mis à part ou retrait du texte, ce dernier soit bel et bien adopté. Sans compter que de nouvelles rumeurs bruissaient dans les couloirs du Palais Bourbon, laissant entendre qu'en cas d'enlisement total, un recours à l'article 49.3 de la Constitution, lequel permet l'adoption d'un texte sans vote, n'était pas exclu.

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