Ces emballages identiques qui cachent un produit différent

La valeur énergétique d'un Capri-Sun acheté aux Pays-Bas est quasi deux fois plus faible que celle de la même boisson achetée en France. ©doc

Dans un cas sur dix, des produits vendus sous un emballage identique n'ont pas exactement le même contenu selon le pays de l'Union européenne où ils sont achetés, d'après une étude menée par les services de la Commission.

Si l'habit ne fait pas le moine, méfiez-vous aussi de l'emballage. Car nombre de produits vendus à travers l'Union européenne sous un packaging identique présentent en réalité une composition différente. Florilège.

Puisqu'il fait chaud, prenons une glace Chocolate Fudge Brownie de Ben & Jerry's: elle contiendra un poil plus de morceaux de brownie au chocolat en Grèce qu'ailleurs.

On déconseille les boissons sucrées en période de canicule, mais on fait tout de même un arrêt chez Coca Cola: universel, son "original taste" ? Pas tout à fait, puisque la bouteille contient plus de sucre dans les pays d'Europe centrale qu'ailleurs.

Tant qu'on est au rayon boissons, prenons le Capri-Sun, en vogue dans les cours de récré : achetez-le aux Pays-Bas et sa valeur énergétique sera presque deux fois plus faible que si vous l'achetez en France ou en Allemagne.

Décidément, les Néerlandais ont droit à des produits plus sains. Une boîte de maïs Bonduelle y contient un quart de sel de moins qu'ailleurs en Europe.

On continue ? Les bâtonnets de poisson "Fish Fingers" de Iglo vendus dans les supermarchés néerlandais et allemands contiennent 65% de colin d'Alaska, mais 58% en République tchèque, en Hongrie ou en Slovaquie.

Des chips au sel Lays ? Ils contiennent moins de sel et plus de sucre en Bulgarie qu'en France. Les céréales "Spécial K" de Kellogg's contiennent plus de sucre en France ou en Espagne qu'en Allemagne ou au Danemark. Les qualités nutritionnelles du lait en poudre pour nourrissons NAN (Nestlé) présentent également des variations d'un pays à l'autre...

Pas de frontière est-ouest

On pourrait continuer le jeu des sept erreurs auquel se sont livrés les services de la Commission européenne pour tenter d'objectiver le problème des standards de qualité à géométrie variable. Sur 1.400 échantillons de 128 produits dans 19 États membres (la Belgique ne fait pas partie de l'exercice), le centre d'étude de la Commission constate que 9% des produits présentés dans un emballage identique ont une composition différente. Et si l'on parle des packagings "similaires", la proportion passe à un tiers.

Mais l'étude ne constate pas de clivage géographique systématique - pas de frontière invisible entre l'est et l'ouest du marché unique européen. Et lorsqu'il y a des différences, elles ne "constituent pas nécessairement une différence de qualité de produit".

Ces différences sont-elles légales? On jugera au cas par cas, armé des subtiles prescriptions du législateur: utiliser le même emballage dans différents États membres pour un bien dont la composition présente une composition "significativement différente" alors que ce n'est pas "justifié par des raisons légitimes et objectives" "pourrait tromper illégalement" le consommateur. 

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