Ces quatre pays qui fragilisent la zone euro

Le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici. ©BELGAIMAGE

En ne réduisant pas leur dette exceptionnellement élevée malgré les taux bas, la Belgique, la France, l’Espagne et l’Italie augmentent le risque futur pour l’ensemble de la zone euro, épingle la Commission.

La Commission européenne présentait mercredi ses opinions sur les plans budgétaires des États membres pour 2020. La bonne nouvelle, c’est qu’aucun pays de la zone euro n’est dans le rouge vif: pour la première année depuis 2002, aucun État membre n’est sous le coup d’une procédure de déficit excessif, qui exige des mesures correctrices urgentes sous peine (théorique) d'amende. La mauvaise, c'est que la situation n'est pas au beau fixe alors que le ciel conjoncturel s'obscurcit.

Si à ce stade aucun projet de budget ne montre des risques "particulièrement graves" de non-conformité avec le pacte de stabilité et de croissance, un risque est néanmoins identifié dans huit cas au moment où l'activité économique ralentit. Sont épinglés : la Belgique, l'Espagne, le Portugal, la France, l'Italie, la Slovénie, la Slovaquie et la Finlande. Dans les trois premiers cas, les plans budgétaires soumis à la Commission n'incluaient aucun changement de politique pour cause d'élections.

Un échec à réduire la dette publique pourrait augmenter le risque d'un rehaussement de la pression du marché sur les pays à haute dette publique
Commission européenne

Parmi les huit, quatre pays sont plus sévèrement pointés du doigt: la Belgique, la France, l'Espagne et l'Italie sont épinglées pour leur incapacité à réduire (significativement) leur endettement. Ces pays "ne profitent pas suffisamment des récentes baisses des dépenses d'intérêts" constate la Commission dans sa communication sur les projets de budgets. Or, poursuit-elle, échouer à réduire ces dettes "pourrait augmenter le risque d'un rehaussement de la pression du marché sur les pays à haute dette publique dans l'avenir, ce qui pourrait avoir des effets d'entraînements négatifs sur les marchés de dette publique des autres États membres de la zone euro".

Globalement, l'endettement des pays de la zone euro continue cependant de baisser, il devrait tomber à 85% du PIB en 2020.

Les nouveaux efforts des "vertueux"

Du côté des pays fiscalement "vertueux", la Commission salue le fait que les Pays-Bas et l'Allemagne ont commencé à utiliser leurs marges budgétaires pour encourager l'investissement, comme elle le demandait avec insistance. "C'est une très bonne nouvelle pour eux-mêmes et pour la zone euro, mais ils peuvent faire beaucoup plus", a indiqué le commissaire Pierre Moscovici, alors que "des mages de manœuvre considérables" restent disponibles.

Il a profité de cette dernière intervention publique avant l'entrée en fonction de la Commission européenne pour défendre la stratégie de la Commission Juncker en matière de contrôle des finances publiques. "Cette Commission aura été celle de la flexibilité", une stratégie qu'il défend - faire autrement aurait eu un effet économique nul ou négatif et aurait pu alimenter les populismes, a-t-il dit, estimant que cette stratégie devait être poursuivie et renforcée. L'Italie aura bénéficié de toutes les flexibilités dans le cadre du pacte.

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