Christine Lagarde confirmée à la BCE par le Parlement européen

Christine Lagarde a été confirmée mardi par le Parlement européen. ©EPA

Le Parlement européen a voté en faveur de Christine Lagarde au terme d'un débat sur la politique de "l’argent bon marché" de Mario Draghi que la Française pourrait poursuivre.

Le Parlement européen a voté ce mardi en faveur de la nomination de Christine Lagarde comme présidente de la Banque centrale européenne (BCE). La Française a reçu le soutien de 394 eurodéputés (206 ont voté contre, 49 se sont abstenus).

Pour rappel, c'est le Conseil européen qui nomme le président de la BCE, mais il doit d'abord consulter le Parlement. Les eurodéputés spécialisés, au sein de la commission des Affaires économiques et monétaires, avaient déjà remis un avis favorable à cette nomination, après l’audition de la Française le 4 septembre.

Héritage très débattu

La BCE devrait quitter le sentier sur lequel elle s’est engagée, c’est-à-dire celui de l’argent bon marché.
Markus Ferber
Eurodéputé chrétien-démocrate (Allemand)

Christine Lagarde n’était pas à Strasbourg pour débattre avec les députés du rôle de la BCE – une absence que plusieurs élus ont déplorée. Alors que la Française a clairement indiqué être prête à poursuivre la mission dans le même esprit que Mario Draghi, la discussion en séance plénière aura largement porté sur cet héritage des années Draghi, disputé y compris au sein de la majorité.

Tout en soutenant la candidate du bout des lèvres, le démocrate-chrétien allemand Markus Ferber (PPE) estime ainsi que "la BCE devrait quitter le sentier sur lequel elle s’est engagée, c’est-à-dire celui de l’argent bon marché." C’est une critique récurrente à l’égard de l’actuel président de la BCE – "on a eu l'impression que la BCE en faisait plus que son mandat, qui est la stabilité des prix" et "Mario Draghi et la BCE ont perdu beaucoup de la confiance du public", a souligné l'Allemand.

Le rôle des États

Le problème ce n'est pas la BCE, c’est le fait que les États membres ne fassent pas leur travail.
Luis Garicano
Eurodéputé libéral (Espagnol)

Sur le banc libéral, l’Espagnol Luis Garicano (Renew Europe) a loué, au contraire, la politique de la BCE, estimant qu'elle aura été la seule institution à même de lutter efficacement contre la crise financière. "Certains disent que la BCE essaye d'en faire trop, c'est vrai. Mais le problème ce n'est pas la BCE, c’est le fait que les États membres ne fassent pas leur travail." Et l’Espagnol de reprocher aux gouvernements qui présentent un déficit nul de ne pas investir dans leur avenir. "Je pense qu'elle (Christine Lagarde) fera sa part du travail, la question est: ferons-nous la nôtre?"

"Les États membres de la zone euro ne font pas leur travail, reprend dans le même esprit le vert allemand Sven Giegold. Les réformes qui pourraient relancer l'économie n'avancent pas, les pays en excédent budgétaire ne relancent pas l'investissement." Alors que la nomination de Christine Lagarde est une confirmation du cap de Draghi, les attaques qui consistent à dire que la BCE a débordé de son mandat de stabilité des prix "passent complètement à côté de la vérité ", puisque c’est l’institution de Francfort qui a "sauvé l’euro", insiste-t-il.

Très critique sur le rôle de la BCE, le national-conservateur belge Johan van Overtveldt (ECR, N-VA) estime pour sa part que "la BCE et Mme Lagarde doivent bien se rendre compte qu'il faut plus d'explication des effets négatifs de la politique qui est mise en place depuis des années et qui a été intensifiée encore jeudi dernier". Et l'ancien ministre des Finances de parler notamment de la politique de la BCE comme d'une "attaque contre l’épargne des petits citoyens".

Le profil de Lagarde pas vraiment débattu

La discussion aura peu porté sur le profil de la candidate française, même si certains, à la gauche radicale, indiquent qu'ils ne peuvent soutenir celle qui fut la patronne du Fonds monétaire international à l'heure des plans d'austérité au Portugal, en Grèce et en Irlande.

Christine Lagarde deviendra la quatrième personne à occuper le poste de président de la BCE à partir du 1er novembre. Son mandat est de huit ans et n’est pas renouvelable.

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