Confiant pour la zone euro, Draghi craint cependant des rétorsions commerciales

Mario Draghi a estimé que les tensions commerciales avaient peu d'effets sur la zone euro pour l'instant. ©EPA

La directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, a fait part de sa prudence ce mercredi concernant les prévisions de croissance mondiale. Mais le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Mario Draghi, s'est montre plus nuancé.

Lors d'une rencontre avec des étudiants allemands ce mercredi, le président de la BCE, Mario Draghi, a relativisé la portée des tensions commerciales sur la zone euro, mais a souligné le risque de représailles.

Sa prise de parole faisait écho aux déclarations de Christine Lagarde, directrice générale du FMI. Dans un discours prononcé quelques heures auparavant à Hong-Kong, elle a dit voir "des nuages plus sombres" à l'horizon de la croissance mondiale du fait des menaces pesant sur le libre-échange.

Inquiétudes au sujet des barrières douanières

Mario Draghi s'est montré particulièrement rassurant et confiant pour la zone euro, malgré un risque de guerre commerciale avec les États-Unis. "Jusqu'à présent, les effets directifs des tarifs douaniers imposés ou qui sont annoncés ne sont pas importants" pour la zone euro, a-t-il affirmé.

"La fenêtre d'opportunité est ouverte. Il y a désormais une nouvelle urgence parce que les incertitudes se sont accrues de manière significative"
Christine Lagarde
Directrice générale du Fonds Monétaire International

Cependant, "nous n'avons vu que le premier round", a-t-il précisé. Pour le banquier italien, les potentiels risques encourus par la zone euro ne se situent pas en interne mais seraient surtout issus de facteurs extérieurs.

L'inconnue réside dans les possibles "représailles" entre les pays qui s'imposent mutuellement des obstacles douaniers. Les tensions géopolitiques et les désaccords commerciaux à l'échelle internationale ont dernièrement accru l'établissement de mesures rétorsives, touchant au premier chef les barrières douanières.

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Nombre d'années consécutives de croissance
La zone euro connaît sa cinquième année consécutive de croissance économique

Selon Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader, "l'élan des investisseurs du début de semaine s'émousse légèrement en raison des tensions entre les Etats-Unis et la Russie qui pourraient empirer", à la suite de l'utilisation présumée d'armes chimiques en Ghouta orientale.

Précédemment, Christine Lagarde avait précisé que le FMI avait revu à la hausse ses prévisions de croissance économique mondiale à 3.9%. "Les économies avancées devraient s'accroître au-dessus de leur potentiel de croissance moyenne cette année et l'année prochaine."

Vigilance sur le canal de la confiance

Les répercussions économiques ne se limitent pas cependant à la situation géopolitique pour Mario Draghi mais réside également dans la confiance des investisseurs.  

"Il y a un autre canal plus subtil à travers lequel ces tarifs et échanges commerciaux peuvent affecter l'économie (...) le canal de la confiance."
Mario Draghi
Président de la Banque Centrale Européenne

"Il y a un autre canal plus subtil à travers lequel ces tarifs ou échanges commerciaux peuvent affecter l'économie. Et je dirais que nous devons être particulièrement attentif à ce canal, qui est celui de la confiance", a-t-il précisé.

 

Concernant la cible d'inflation, le président de la Banque Centrale Européenne s'est montré "confiant" quant à la convergence vers "notre objectif" proche de 2%. Le taux d'inflation sera légèrement en-deça de cette limite grâce à la hausse des salaires nominaux "en réponse à l'amélioration de l'économie".

La prise de parole de Mario Draghi intervient alors que l'institution a pris de manière inhabituelle ses distances avec Ewald Nowotny, à la tête de la Banque d'Autriche, qui avait évoqué une hausse du taux de dépôt de la BCE dans le but de durcir la politique monétaire.

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