Délicat jeu de chaises musicales en vue à la SFPI

©BELGA

C’est l’heure des grandes manœuvres à la SFPI, l’entité responsable de la gestion des participations de l’État fédéral : Belfius, BNP Paribas, bpost, l’aéroport de Bruxelles National ou encore Ethias.

Le mandat de trois administrateurs vient en effet à échéance et les couteaux sont tirés, entre partis de la coalition gouvernementale, pour récupérer ces strapontins stratégiques. Côté flamand, deux administrateurs étiquetés CD&V, dont le patron des finances Hans D’Hondt, pourraient être remplacés. Clairement, la N-VA aimerait monter en puissance au sein du conseil d’administration, mais il est délicat pour le ministre des Finances Johan Van Overtveldt de dégommer le patron de son administration d’un CA. Côté francophone, le mandat de trois administrateurs vient également à échéance. Deux d’entre eux ont des étiquettes PS et cdH: à voir si le MR fait le cadeau à ces deux partis d’opposition de les reprendre à bord. D’autant que la présidente du CA, Laurence Bovy, est déjà une socialiste francophone.

Deux rapports décortiqués

Parallèlement à ce jeu de chaises musicales, la SFPI va être le centre d’attention du Fédéral dans les semaines à venir, notamment parce que deux rapports vont y être décortiqués. Le premier, dont les conclusions sont attendues en novembre, est réalisé par le consortium Leonardo/Nomura et doit évaluer le montant des participations que l’État détient. On aura donc une idée précise, par exemple, de ce que vaut la banque Belfius.

Le second, dont les conclusions ont déjà été déposées, a été réalisé par le consortium KPMG/Eubelius. Il porte sur le mode de gouvernance dans les holdings publics et à la SFPI et propose quelques réformes à mettre en route. Malgré les centaines de pages qui le composent, le rapport est "light" dans la mesure où tout ce qui y est proposé est assez attendu…

KPMG/Eubelius se fend notamment d’une comparaison avec la gestion des participations publiques en… Norvège, un des fonds souverains les mieux dotés du monde. "Si on avait du pétrole, du gaz et les moyens de fonctionner des Norvégiens, ça se saurait", grince un expert.

Une autre comparaison est faite avec la France: là, c’est Bercy, le ministère des Finances, qui gère en ligne quasi directe les participations de l’État.

Outre des comparaisons, KPMG/Eubelius (l’ancien cabinet d’avocats du ministre de la Justice Koen Geens) propose des pistes de réforme pour le futur et pose quelques questions: faut-il faire glisser davantage de responsabilités du conseil d’administration de la SFPI vers le ministre des Finances? Faut-il éventuellement intégrer la SFPI à l’administration des finances (modèle français)? Faut-il scinder la SFPI en SFP (en charge des participations) et SFI (en charge des investissements). Bref, de la réflexion en chambre. Reste à savoir combien les Finances ont payé pour disposer de ce rapport…

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