Dernier hommage à Boris Nemtsov

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Plusieurs milliers de personnes sont venus rendre un dernier hommage à Moscou à Boris Nemtsov, l'un des opposants les plus virulents du président Vladimir Poutine, tué vendredi par balles près du Kremlin.

Des centaines de Russes ont défilé devant le cercueil de Boris Nemtsov pour rendre un dernier hommage à l'opposant dont l'assassinat vendredi soir à deux pas du Kremlin a indigné les adversaires de Vladimir Poutine.

La mère et les enfants de Boris Nemtsov sont restés devant le cercueil ouvert, comme le veut la tradition orthodoxe. Des anonymes et des personnalités sont venus s'incliner, faire le signe de croix et déposer des fleurs.

Dina Eidman, 87 ans, la maman de Boris Nemtsov. ©AFP

Le président russe a nié toute implication dans ce meurtre, semble-t-il soigneusement préparé, et a dépêché le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch, un représentant de l'aile libérale de plus en plus minoritaire au Kremlin, à la cérémonie.

Des photos de l'opposant, qui était âgé de 55 ans, étaient accrochées aux murs de la salle où avait également pris place l'ancien Premier ministre britannique John Major.

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La plupart des personnes qui s'étaient déplacées étaient cependant des opposants, très minoritaires dans le pays, tant la popularité de Vladimir Poutine reste élevée.

"Il (Nemtsov) était notre espoir", a expliqué Tatiana, une retraitée venue se recueillir devant le cercueil:

"C'est comme si Poutine m'avait tuée le jour où il est mort. L'année passée n'a été que souffrance."

 

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La dépouille mortelle de Boris Nemtsov est exposée durant 4 heures au Centre Sakharov, musée consacré aux droits de l'Homme et à l'académicien dissident soviétique Andreï Sakharov, avant l'enterrement au cimetière moscovite de Troïekourovskoïe.

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Lev Ponomariov, un militant des droits de l'homme en vue, a dénoncé la campagne menée par les médias officiels contre les opposants du Kremlin, régulièrement qualifiés de "traîtres". "Si vous écoutez ce que les gens disent de cet assassinat, vous entendrez des versions différentes. Certains accusent Poutine, d'autres pas. Mais tous sont d'accord pour dire que la télévision d'Etat a créé l'atmosphère qui a mené à ce drame", a-t-il déclaré.

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Les ambassadeurs des pays européens et plusieurs personnalités étrangères, parmi lesquels le chef de la diplomatie lituanienne, Linas Linkevicius, le maire de Riga, la capitale lettonne, Nils Usakovs, et le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Konrad Pawlik ont annoncé leur intention de participer aux obsèques de l'ancien vice-Premier ministre de Boris Eltsine et opposant radical à Vladimir Poutine tué à 55 ans. Mais certains d'entre eux en ont été empêchées: le président du Sénat polonais, Bogdan Borusewicz, a déclaré que les autorités russes lui avaient refusé la permission de s'y rendre, en réponse aux sanctions européennes contre Moscou, et l'eurodéputée lettonne Sandra Kalniete a annoncé lundi soir avoir été refoulée à l'aéroport international de Moscou-Chérémétiévo.

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L'assassinat de Boris Nemtsov pratiquement sous les fenêtres du Kremlin, dans un des secteurs les plus sécurisés de la capitale russe, a placé Vladimir Poutine dans une situation délicate.

Les enquêteurs disent étudier les images des caméras de vidéosurveillance et mener des tests balistiques et médicaux pour tenter de remonter jusqu'aux auteurs de l'attaque. Ils ont promis une récompense de trois millions de roubles (environ 43.000 euros) pour toute information utile.

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La compagne de Boris Nemtsov, le mannequin ukrainien Anna Douritskaïa, qui se trouvait au côté de l'opposant quand celui-ci a été abattu de quatre balles dans le dos, a été autorisée à rentrer en Ukraine, a précisé la commission d'enquête dans un communiqué.

La jeune femme, qui a été interrogée pendant de longues heures, a dit aux enquêteurs n'avoir rien vu.

Boris Nemtsov avait écrit "Confessions d'un Rebelle". ©REUTERS

"Je suis venu parce que j'ai honte de mon pays, de mes concitoyens, du fait que nous n'avons pas pu empêcher une chose pareille. Poutine est coupable, mais nous aussi" (Dmitri Afanassiev, médecin)

"C'était quelqu'un dont je me sentais proche. Je voulais lui dire adieu. C'était un homme qui avait des principes, un homme charismatique. Peu m'importe qui l'a tué, c'est une perte irréparable" (Maria Koniakova, psychologue)

 

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