Des dizaines de milliards pour les banques irlandaises

Patrick Honohan

Pour le gouverneur de la banque centrale d'Irlande, cela ne fait pas un pli. Un prêt "très important" sera fait à l'Irlande. Le taux serait de 5%.

Le gouverneur de la Banque Centrale d'Irlande, Patrick Honohan, a dit jeudi s'attendre à ce que les discussions entre l'Irlande et ses partenaires européens débouchent sur la mise à disposition d'un prêt de "plusieurs dizaines de milliards d'euros", sur la radio RTE. "Les attentes (de l'UE et du FMI), et les miennes, sont qu'un prêt sera mis à disposition. C'est ce à quoi je m'attends, et je ne trouve pas cela vraiment inquiétant", a déclaré M. Honohan au micro de la radio publique. "Ces discussions sont sérieuses, et ils (l'UE et le FMI) n'enverraient pas une équipe aussi importante s'ils ne pensaient pas qu'un prêt était acceptable", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le montant que pourrait atteindre une telle aide, il a affirmé que "ce sera un gros prêt. Nous parlons d'un prêt très important, de dizaines de milliards" d'euros. Le taux d'intérêt avoisinerait les 5%.

Des experts européens et du Fonds monétaire international entament jeudi une délicate mission à Dublin, afin de convaincre une Irlande très jalouse de son indépendance d'accepter un plan de sauvetage international de ses banques, dont l'endettement astronomique menace l'équilibre de la zone euro.

Le ministre de la Communication Eamon Ryan a déclaré, peu après, partager l'analyse du banquier central.

"Je pense que le gouverneur de la Banque Centrale a bien formulé les choses. Je ne contesterai pas ce qu'il a dit", a-t-il souligné sur RTE.

Eamon Ryan, membre des Verts, partenaires du Fianna Fail au sein de la coalition gouvernementale, a ajouté qu'il s'attendait à ce que le gouvernement présente en milieu de semaine son plan d'austérité de 15 milliards d'euros sur quatre ans qu'il prépare depuis plusieurs semaines.

Ce plan quadriennal vise à ramener le déficit irlandais, d'un montant colossal de 32% du PIB cette année, à moins de 3% en 2014.

Il sera suivi de l'annonce le 7 décembre du budget 2011, qui constituera le premier volet de cette cure d'austérité drastique et inclura un tour de vis de 6 milliards d'euros.

A ce propos, le ministre a dit ne pas s'attendre à ce que la mission de l'Europe et du FMI aboutisse à une modification de cette cure d'austérité, alors que certains observateurs pensent que Dublin pourrait être obligé par ses partenaires de revoir sa copie, par exemple en durcissant la fiscalité sur les entreprises, une idée fermement rejetée par le gouvernement.

"Je ne le pense pas. Lors des discussions que mes collègues des Verts ont eu avec le commissaire européen (aux affaires économiques) Olli Rehn la semaine dernière, et lors de laquelle ils ont présenté notre approche en ce qui concerne le budget, nous avons ressenti, du côté de la Commission européenne et je crois aussi de la Banque centrale européenne, qu'ils trouvaient que c'était ce qu'il convenait de faire".

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés