Deux tiers des Européens inquiets des tensions entre les États-Unis et la Chine

Le président des Etats-Unis Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ©AFP

Les Européens se disent inquiets de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, selon une étude de la fondation allemande Bertelsmann Stiftung.

Deux Européens sur trois se disent inquiets de la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ce vendredi par la fondation allemande Bertelsmann Stiftung et réalisée en septembre dernier à travers les 28 États de l'UE.

Cette "guerre des titans", ravivée en 2018 par l'administration Trump, attire l'attention des Européens. À peine 10% des personnes interrogées n'en ont jamais entendu parler, tandis que 25% sont "très inquiets" des tensions entre les États-Unis et la Chine et de leur impact sur le commerce mondial. 

©Bloomberg

La moitié des répondants affirment que l'Europe a des intérêts économiques communs avec Washington et Pékin. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l'UE, les échanges de biens entre les deux blocs se chiffrant à 674 milliards d'euros en 2018, ce qui représente 17% de tout le commerce de biens européens, alors que la part de la Chine est de 15%.

Les États-Unis sont considérés comme le partenaire le plus proche de leur pays, en raison des intérêts économiques (56%) et politiques (36%). La Chine est vue par 45% des répondants comme un concurrent et seuls 9% affirment que leur pays a des intérêts politiques communs avec Pékin.

Protection des données

Les Européens deviennent particulièrement critiques envers la Chine lorsqu'il est question de numérisation et de protection des données. Seuls 6% des répondants font confiance à une société chinoise exploitant leurs données. C'est nettement moins que la confiance exprimée envers les fournisseurs européens (40%), américains (20%) et même japonais (16%).

Les produits chinois inspirent peu la confiance, 11% des répondants à peine en ont une image positive.

Soutien aux politiques européennes

Dans un contexte mondial de plus en plus incertain, les auteurs de l'étude affirment que les Européens souhaitent "une Europe plus souveraine". Ils observent un fort soutien pour les politiques menées par l'Union européenne envers la Chine.

L'an dernier, la Commission Juncker a lancé une nouvelle stratégie vis-à-vis de la Chine, la considérant comme un partenaire, un concurrent et un rival systémique. La Commission von der Leyen entend poursuivre sur cette voie.

L'Europe prête à saisir l'OMC

L'UE espère signer cette année un accord avec la Chine sur la protection des investissements. Le Vieux-Continent n'en demeure pas moins assertif envers l'Empire du Milieu. 

Washington et Pékin ont signé mercredi dernier une trêve, en vertu de laquelle la Chine s'est engagée à accroître de 200 milliards de dollars ses importations de produits américains pendant deux ans. 

L'UE, craignant que cet accord perturbe ses intérêts, a annoncé vendredi qu'elle est prête à saisir l'OMC s'il entraîne des distorsions commerciales. Une menace à mesurer à l'aune de l'efficacité actuelle toute relative de l'OMC.

Depuis 2018, les États-Unis et la Chine s'imposent des surtaxes portant sur des centaines de milliards de dollars. L'économie de la Chine a fini par en ressentir les effets. En 2019, au plus fort de cette guerre commerciale, la croissance chinoise est tombée au plus bas, à 6,1%. 

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