Draghi envisage un nouveau prêt à long terme

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Le gouverneur de la Banque centrale européenne a affirmé croire en une reprise lente de la zone euro. Il a ajouté être prêt à utiliser tous les outils à disposition pour maintenir sa politique monétaire, en ce compris le LTRO.

L'économie de la zone euro devrait avoir poursuivi une lente reprise au troisième trimestre en dépit de la baisse de la production industrielle enregistrée en juillet, a déclaré lundi Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE).

"Les mesures de la confiance et les enquêtes sur la production confortent l'hypothèse d'une poursuite de la lente reprise de l'activité économique de la zone euro durant le trimestre en cours, en dépit des mauvais chiffres de la production de juillet", a-t-il dit devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

La production industrielle de la zone euro a baissé de 1,5% en juillet.

"L'activité économique devrait bénéficier de l'amélioration progressive de la demande intérieure, soutenue par la politique monétaire accommodante de la BCE et par le renforcement de la demande extérieure pour les exportations de la zone euro", a ajouté Mario Draghi.

"Cependant, le chômage dans la zone euro reste bien trop élevé et la reprise a besoin d'être fermement établie", déplore-t-il.

Vers un 3e LTRO

Le gouverneur est revenu sur sa politique monétaire en affirmant que les taux resteront à un niveau bas pendant une période prolongée. Il a par ailleurs ajouté qu'il utiliserait tous les instruments à sa disposition, en ce compris les LTRO (opération de refinancement à long terme), pour maintenir le cap de sa politique.

"Nous sommes prêts à utiliser tout instrument, y compris un nouveau LTRO si nécessaire, pour maintenir les taux du marché monétaire à un niveau correspondant à notre évaluation de l'inflation à moyen terme", a-t-il dit. La BCE a prêté plus de 1.000 milliards d'euros aux banques de la zone euro au cours des deux premiers LTRO, fin 2011 et début 2012, dans le but de soutenir le crédit bancaire et d'éviter un asséchement du crédit.

La BCE attentive au risque

Le remboursement par les banques des fonds prêtés par la BCE pourrait aussi contribuer à tendre les taux, a noté Mario Draghi.

"Le remboursement des crédits accordés par la banque centrale est certes un signe de normalisation, mais la réduction des liquidités qui en résulte peut renforcer les pressions haussières sur les taux du marché monétaire", a-t-il expliqué. "Nous resterons particulièrement attentifs aux implications que ces évolutions pourraient avoir pour la politique monétaire", a ajouté le patron de la BCE, sans apporter de précision sur les modalités éventuelles d'un nouveau programme de LTRO.

Les deux premières opérations de LTRO avaient permis de porter les liquidités excédentaires à 800 milliards d'euros dans la zone euro au début 2012. Depuis, le remboursement anticipé de prêts a ramené ce montant à 225 milliards d'euros, non loin du niveau de 200 milliards à partir duquel la BCE estime que les taux du marché monétaire commencent à remonter pour se rapprocher du taux de refinancement de la banque centrale, actuellement à 0,5%.

En même temps, Mario Draghi a déclaré que la banque centrale était "très sensible" aux risques pour la stabilité financière engendrés par le maintien de taux bas sur une période prolongée, et qu'elle n'hésiterait pas à agir pour les contenir.

Le président de la BCE a par ailleurs jugé prématuré de parler d'un nouveau plan d'aide en faveur de la Grèce. Cela dépendra de facteurs tels que le retour ou pas d'Athènes sur les marchés de capitaux internationaux, a-t-il dit.

A savoir

La Fed s'en tient à son calendrier 

La Réserve fédérale américaine entend toujours commencer à réduire ses rachats d'actifs avant la fin de cette année, pourvu que l'amélioration de l'économie se confirme, a déclaré lundi William Dudley, l'influent président de la Fed de New York.

Le calendrier présenté en juin dernier par le président de la Fed Ben Bernanke, et qui prévoyait un arrêt total du programme d'assouplissement quantitatif (QE3) d'ici la mi-2014, "reste en l'état", a assuré William Dudley.

A l'époque, a-t-il remarqué, Ben Bernanke n'avait pas spécifié que le début de réduction des rachats d'actifs serait annoncé en septembre.

La Fed a surpris les marchés la semaine dernière en maintenant ses rachats d'actifs au rythme de 85 milliards de dollars par mois, alors que les économistes et investisseurs avaient largement anticipé un début de sortie du QE3 en septembre.

William Dudley a défendu le statu quo de la banque centrale en mettant en avant diverses menaces pesant sur l'économie, en particulier les incertitudes budgétaires.

Parmi les risques pour l'économie, ce proche allié de Ben Bernanke a cité la remontée récente des taux d'intérêt à long terme, les hausses d'impôts et les réductions de dépenses publiques.

Il a estimé qu'il faudrait encore "un moment considérable" avant de revenir à un taux de chômage de 6,5%, l'objectif de la Fed, et a ajouté que la baisse du taux de chômage masquait une amélioration seulement modeste du marché du travail.

Intervenant lors d'une conférence séparée à New York, Dennis Lockhart, le président de la Fed d'Atlanta, a abondé dans le même sens, assurant qu'il restait "du chemin à faire" avant que la Fed ait atteint ses objectifs pour le marché du travail.

La productivité a reculé récemment et la tendance des créations d'emplois mensuelles a ralenti, a observé Dennis Lockhart, qui n'a pas de droit de vote cette année au comité de politique monétaire de la Fed.

Le rythme mensuel des créations d'emploi non-agricoles est revenu à 148.000 en moyenne sur les trois derniers mois contre 184.000 sur les 12 derniers, a-t-il précisé, ajoutant que la baisse du taux de chômage s'expliquait en partie par celle du taux de participation, c'est à dire la proportion des actifs qui ont un travail ou qui en cherchent activement un.

"Une baisse de la participation pourrait se traduire par une diminution du potentiel de l'économie. C'est un motif d'inquiétude", a dit Dennis Lockhart.

 

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