Draghi étudie en coulisses un soutien aux banques

©Bloomberg

Le président de la BCE veut limiter l’impact des taux négatifs sur leur rentabilité, sans modifier sa politique monétaire.

Séance agitée sur les marchés financiers, ce mercredi. Selon des sources citées par Reuters, la Banque centrale européenne (BCE) plancherait sur des mesures concrètes visant à réduire l’effet néfaste des taux d’intérêt négatifs sur les banques de la zone euro. Il serait ainsi envisagé de relever le plafond à partir duquel le taux de -0,4% de la facilité de dépôt de la BCE affecte les liquidités excédentaires que les banques européennes déposent au guichet de la banque centrale.

De quoi faire bondir tout le secteur bancaire en Bourse. Mercredi, à Bruxelles, les actions KBC et ING ont gagné près de 3%, terminant en tête du Bel 20. Ce qui a permis à notre indice national d’afficher la meilleure performance du jour en Europe. Sur les autres places boursières, Crédit Agricole a progressé de 3,56%, Société générale de 1,94%, ABN Amro de 3,62% et Deutsche Bank de 2,86%.

Le Bund allemand sous son homologue japonais

On notera toutefois que, dans un discours prononcé à Francfort, Mario Draghi, le président de la BCE, a été beaucoup moins précis sur les mesures que la banque centrale pourrait prendre en faveur des banques. Il a d’ailleurs insisté sur le fait que leur faible rentabilité n’était pas nécessairement due aux taux d’intérêt négatifs résultant de la politique monétaire…

Le président de l’institut monétaire s’est exprimé à l’occasion de la vingtième édition de la conférence "La BCE et ses observateurs", organisée ce mercredi à Francfort. "Nous continuerons à vérifier comment les banques peuvent maintenir des conditions bénéficiaires saines alors que les marges d’intérêt sont sous pression", a-t-il dit. "Et, si nécessaire, nous devrons réfléchir à d’éventuelles mesures pouvant conserver les effets positifs des taux négatifs sur l’économie tout en réduisant les effets collatéraux, s’il y en a. Cela dit, la faible rentabilité des banques n’est pas une conséquence inévitable des taux négatifs."

Des déclarations qui ont plombé les rendements obligataires. Le taux allemand à 10 ans est par exemple tombé à -0,088% ce mercredi. Soit en-dessous du taux actuel de l’obligation étatique japonaise à 10 ans, qui se situe à -0,067%. C’est une première depuis l’automne 2016.

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