En route vers un énorme tunnel routier à travers les Alpes

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Les Suisses se sont prononcés par référendum pour la construction d’un nouveau tunnel routier sous le massif alpin du Saint-Gothard, qui sépare le nord et le sud du pays (le canton italophone du Tessin).

Les relations nord-sud de la Suisse, un petit pays enclavé au centre de l’Europe, sont capitales pour l’économie nationale, tournée vers l’exportation. La "votation" revêtait donc un enjeu important.

Trois tunnels existent actuellement dans cette région. Si l'on construisait un nouveau tunnel routier sous le massif alpin du Saint-Gothard, qui sépare le nord et le sud du pays (le canton italophone du Tessin, il  s’agirait donc du quatrième ouvrage du genre.

  1. Le premier tunnel a été ouvert en 1882, pour une ligne ferrovaire à double sens longue de 15 km. Pendant près de 100 ans, il n’y avait que deux solutions pour traverser le Gothard: emprunter la route sinueuse du col, longue de 26 km et ouverte seulement l’été, ou prendre le train, sur lequel les voitures pouvaient être chargées.
  2. Avec l’explosion du trafic, notamment liée au tourisme, dans les années 1960 et 1970, la Suisse a décidé de creuser un nouveau tunnel, cette fois-ci routier. Après 10 ans de travaux, le "tunnel du Gothard", long de 17 km et prévoyant deux voies de circulation, est inauguré en 1980. Il s’agit du deuxième plus long tunnel routier en Europe et c’est un lieu extrêmement fréquenté, notamment sur la route des vacances.
  3. En 1996, la Suisse se lance à nouveau dans le méga-chantier de la NLFA, sigle désignant "la nouvelle ligne ferroviaire des Alpes". Cette NLFA, qui va être inaugurée le 1er juin 2016, est le plus long tunnel ferroviaire du monde, avec 57 km de voies. Il s’agit de 2 tubes ferroviaires à une voie, dans lesquels les trains pourront circuler à 200 km/heure. Ce tunnel, enfoui sous 2.000 mètres de roche, dépasse les deux tunnels sous-marins de Seikan au Japon (54 km) et de la Manche (50 km).

4e tunnel

Alors que la NLFA n’est pas encore ouverte officiellement, les Suisses étaient donc appelés à voter ce dimanche sur l’opportunité de creuser un 4e tunnel, réservé aux véhicules.

Ils ont ainsi dit oui à 57%, selon les résultats définitifs, à la construction de ce deuxième tunnel routier sous le massif alpin du Saint-Gothard, principal axe nord-sud.

Le projet était défendu par le gouvernement mais contesté par une partie de la population, qui y voit un gaspillage de moyens. Le coût des travaux est estimé à près de trois milliards de francs suisses (2,75 milliards d’euros). Des militants écologistes déplorent l’augmentation massive du trafic et des nuisances pour les habitants de la région.

Ce nouveau passage permettra de procéder à la réfection de l’unique tunnel routier existant, une nécessité reconnue par tous, partisans et opposants du projet.

Le gouvernement se dit soucieux de ne pas interrompre le trafic routier à travers le Gothard pendant la durée des travaux. Et souligne qu’ensuite, chaque tunnel sera utilisé dans un seul sens, la deuxième voie servant aux arrêts d’urgence.

Ce n'est pas le seul sujet qui était soumis à votation en Suisse ce dimanche. 

  • Les Suisses ont rejeté à une large majorité (58,9%) la proposition controversée de la droite populiste UDC d'expulser automatiquement les criminels étrangers, même pour des infractions mineures.
  • Les Suisses ont écarté de peu, à 50,8%, une initiative du Parti démocrate-chrétien (PDC, centre) qui réclamait une égalité de traitement devant l'impôt des couples mariés et des concubins, qui sont actuellement moins taxés

©Mediafin

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