"Faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe"

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Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que l'État allait consacrer 8 milliards d'euros au sauvetage de la filière automobile du pays. Un montant qui comprend des primes à l'achat et à la conversion et des mesures de relance de long terme.

Tout un symbole: pour annoncer son plan de sauvegarde de la filière automobile, Emmanuel Macron a choisi, mardi, l'usine de l'équipementier Valeo, à Étaples, dans le Pas-de-Calais. Un groupe fortement engagé dans la transition énergétique.

Car, venir à la rescousse d'un secteur enfoncé par la crise du Covid-19, en relançant les ventes, qui se sont effondrées de plus de 80% depuis mars, ne suffira pas. Il faut aussi inciter les Français à acheter plus vert.

Un challenge difficile sachant que sur les 400.000 véhicules neufs invendus (500.000 d'occasion), la plupart sont encore thermiques. "Ce plan comporte trois axes", a expliqué le président de la République: en premier lieu, le soutien de la demande, pour que "nos concitoyens achètent davantage de véhicules dans les semaines à venir, et en particulier des véhicules propres."

400.000
invendus
Sur les 400.000 véhicules neufs invendus, la plupart sont encore thermiques.

"On peut réconcilier l'objectif écologique et économique". Pour ce faire, la prime à l'achat d'un véhicule propre passera de 6 à 7.000 euros. Un effort conséquent même si la différence entre une voiture électrique et thermique reste de l'ordre de 10.000 euros.

En parallèle, la "prime à la conversion" – pour encourager l'achat de véhicules neufs en remplacement de modèles anciens – sera augmentée, et ce, dès le 1er juin, à 3.000, voire 5.000 euros, pour écouler 200.000 véhicules au moins. En vue d'accompagner cette transition, l'État devrait également s'engager sur un plan de déploiement de 100.000 bornes dès l'an prochain.

"On peut réconcilier les objectifs écologique et économique."
Emmanuel Macron
Président français

Un million de véhicules propres d'ici 2025

Deuxième volet: un plan d'investissement sera déployé pour que le pays continue à innover et devienne "la première nation productrice de véhicules propres en Europe", selon Emmanuel Macron. Objectif: faire sortir des chaînes françaises, 1 million de voitures électriques, hybrides rechargeables d'ici à 2025.

À cette fin, l'État mobilisera par exemple 200 millions d'euros pour accompagner les équipementiers et sous-traitants afin qu'ils montent en gamme. Un fonds d'investissement de 600 millions d'euros (dont 400 apportés par l'État) servira par ailleurs à moderniser et consolider la filière. Contrepartie de ces aides, les entreprises devront toutefois s'engager à relocaliser leur production dans l'hexagone. 

À ce titre, l'un des sujets brûlants du moment porte sur les licenciements attendus chez Renault. Reçu mardi matin par le président, Jean-Dominique Senard, le patron de la firme au losange s'apprête à dévoiler vendredi prochain un plan d'économies de 2 milliards d'euros et la fermeture de plusieurs sites.

Renault s'apprête à annoncer vendredi un plan d'économies de 2 milliards d'euros et la fermeture de plusieurs sites.

Sur ce point, l'État qui est actionnaire à hauteur de 15% voudrait limiter la casse du côté des licenciements secs. "Le ministre de l'Économie présidera dès lundi prochain une table ronde avec Renault, l'ensemble des industriels et sous-traitants concernés, les syndicats, les élus qui sont aussi concernés pour, dans le dialogue, trouver les solutions qui permettent précisément d'être au rendez-vous de l'ambition industrielle que nous nous donnons collectivement", a détaillé Emmanuel Macron, ajoutant que "le prêt de 5 milliards d'euros de l'État ne saurait être conclu avant que ces discussions n'aboutissent et il dépendra de l'issue de celles-ci".

Dans un premier temps, Renault se serait cependant engagé à rejoindre le projet d'Alliance européenne pour les batteries, jusqu'ici porté côté français par les groupes PSA et Total, avec sa filiale Saft. L'allié de Nissan devrait bientôt les rejoindre en tant que nouvel actionnaire pour quelques centaines de millions d'euros.

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