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analyse

Fiscalité, dette et plan vaccin: Draghi présente son programme au Parlement

Le nouveau Premier ministre italien Mario Draghi a appelé mercredi à "reconstruire" le pays, frappé de plein fouet par une crise sanitaire et économique. ©Photo News

Avec son nouvel exécutif, fièrement "européiste et atlantiste", le Premier ministre Mario Draghi s’apprête à affronter l’impasse sanitaire et la crise économique en Italie.

L’émotion et le pragmatisme. C’est avec déférence que le nouveau Premier ministre italien, Mario Draghi, s’est adressé pour la première fois, ce mercredi, au Parlement, avant de demander la confiance des deux Chambres.

En commençant son discours au Sénat, l’ancien président de la BCE a admis: "Jamais auparavant je n’ai vécu un moment d’intensité émotionnelle et un sentiment de responsabilité aussi forts".

Appelé, tel un médecin urgentiste, au chevet d’une péninsule meurtrie par la pandémie, qui a fait presque 100.000 victimes, par une crise de légitimité du politique et par une récession économique inédite, Draghi a voulu faire usage de métaphores guerrières pour marquer la période qui s’ouvre et pour présenter officiellement son plan de bataille. Avec sa traditionnelle sobriété, il a présenté ses deux sujets prioritaires: la lutte tous azimuts contre le virus et ses nouvelles variantes, ainsi que le redressement d’un système productif dont la croissance est en chute libre depuis la première vague épidémique nationale.

"En une année, l’incidence des 'nouveaux pauvres' est passée de 31% à 45%."
Mario Draghi
Premier ministre italien

"La pandémie a principalement frappé les femmes, les jeunes et les travailleurs indépendants du pays. Elle a aggravé le phénomène de la pauvreté: en une année, l’incidence des 'nouveaux pauvres' est passée de 31% à 45%. Et, comme la Commission européenne vient de le préciser, l’Italie ne retrouvera pas ses niveaux de croissance pré-pandémie avant la fin de l’année 2022", a-t-il déclaré.

Politique expansive

Keynésien de formation, le meilleur des technocrates italiens a anticipé l’adoption d’une politique monétaire et fiscale expansive, de nature à favoriser l’augmentation des investissements et de la demande, ainsi que la mise en œuvre de stratégies de soutien destinées aux acteurs du tissu productif national. La différence significative avec le gouvernement Conte 2 sera, comme Draghi l’a souligné, la poursuite d’une sélection exigeante des destinataires des ressources gouvernementales, notamment de celles accordées dans le cadre du plan de relance européen.

"Ce serait une erreur que de vouloir sauver toutes les activités économiques nationales. Certaines seront protégées, d’autres, au contraire, seront épaulées dans leur inéluctable transformation. Voici, la tâche, très difficile, que la politique économique devra affronter au cours des prochains mois", a ajouté le Premier ministre.

"La bonne dette"

Son intervention au Parlement peut ainsi être considérée comme une sorte d’hymne à une croissance économique qui sera reconquise "avec courage et au prix d’indéniables sacrifices". Mais l’ancien patron de la BCE a clairement fait comprendre qu’il n’envisageait aujourd’hui qu’une "croissance solide et durable" basée principalement sur la force d’entreprises rentables, et non des programmes indifférenciés de soutien à l’économie dans son ensemble, tels qu’ils avaient été ébauchés par le précédent gouvernement.

"Tout gâchis d’argent public aujourd’hui représente un tort que l’on fait aux prochaines générations."
Mario Draghi
Premier ministre italien

Une stratégie de relance et d’ambitieuses réformes structurelles – notamment des systèmes sanitaire, fiscal et judiciaire – fondées sur ce que le Premier ministre aime désigner comme "la bonne dette". "Tout gâchis d’argent public aujourd’hui représente un tort que l’on fait aux prochaines générations, une atteinte aux droits des adultes de demain", a-t-il rappelé.

Interrompu continuellement par des applaudissements nourris, Draghi a ébauché ses priorités en matière de politique vaccinale. "De ces tranchées d’où nous combattons contre le virus, nous devons accélérer, partout et par tous les moyens, avec notamment le soutien des bénévoles et des forces armées, la campagne de vaccination en cours."

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