France: retour au calme, mais pas pour tous

La contestation de la réforme des retraites avait atteint mardi en France un niveau de mobilisation record pour les syndicats (3,5 millions de manifestants) comme pour la police (1,2 million). Mercredi, les choses retournent à la normale à part pour la SNCF, quelques lycées et plusieurs raffineries.

 

Perturbations

Le mouvement de grève contre la réforme des retraites se poursuivait mercredi dans les transports, avec un trafic réduit à la SNCF et un train sur quatre sur le RER B selon la RATP, qui souligne cependant que la circulation est "normale" dans le métro et le RER A. La direction de la SNCF a indiqué avoir recensé mercredi 24,6% de grévistes dans l'entreprise, un taux en forte baisse par rapport à mardi où 40,4% du personnel avait fait grève pour la défense des retraites.

Le trafic international est plutôt épargné avec un service normal sur Eurostar, huit Thalys sur 10, huit trains sur 10 vers l'Allemagne et neuf sur 10 vers la Suisse mais en revanche aucun train de nuit n'a circulé.

Côté aérien, tout est rentré dans l'ordre.

Participation


Mardi, la mobilisation contre la réforme des retraites, la quatrième en un mois, a atteint un record de participation avec l'entrée en scène des jeunes, tandis que des grèves appelées à se poursuivre touchaient des secteurs clés comme les raffineries.

La CGT de Bernard Thibault a revendiqué "des niveaux de participation inégalés". "Ce n'est pas un baroud d'honneur, la mobilisation monte d'un cran", selon le président de la CFTC, Jacques Voisin. CGT et CFDT ont avancé le chiffre de 3,5 millions de manifestants, tandis que le ministère de l'Intérieur a évalué l'affluence à 1,23 million, battant le record absolu de la manifestation "anti-crise" de mars 2009, qui avait rassemblé 3 millions de personnes selon les syndicats, et 1,2 million selon la police.
"Gouvernement et Parlement ont une lourde responsabilité: ils ne peuvent ignorer les manifestations", a mis en garde la CFDT de François Chérèque. "Votre position est intenable", "vous ne pouvez rester sur cette position intransigeante", a lancé M. Thibault à l'adresse du gouvernement.

Le Premier ministre François Fillon a, lui, opposé une fin de non-recevoir: "nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme", a-t-il répété excluant de nouvelles "concessions" alors que le Sénat a déjà voté les deux mesures phare de la réforme: recul à 62 ans de l'âge légal, à 67 ans de l'âge de la retraite sans décote. La numéro un du PS Martine Aubry a dénoncé l'"entêtement" du gouvernement "qui ne mène nulle part, sauf à des risques d'affrontement".

Des milliers de lycéens et étudiants ont rejoint bruyamment les cortèges à Paris comme en province. "Sarko, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue", scandaient à Toulouse des centaines de jeunes. 357 lycées (sur 4.302 en France), ont été touchés, voire bloqués par la contestation, selon le ministère de l'Education. La présence des jeunes - qui ravive le souvenir de la mobilisation de 2006 contre le CPE- inquiète le gouvernement. François Fillon a qualifié d'"irresponsable" la "tentation de l'extrême gauche et d'une partie du PS" de "mettre des jeunes de 15 ans dans la rue".

Selon le ministère de l'Education nationale, cent trente-cinq lycées étaient perturbés à des degrés divers mercredi matin, soit 3,1% de l'ensemble. Sur ces 135 lycées, 29 étaient bloqués, les autres étant touchés par des tentatives de blocage, des regroupements d'élèves ou des distributions de tracts "avec souvent un fort taux d'absentéisme", selon le ministère. Dans certaines villes, des syndicats d'enseignants veulent rester mobilisés: à Marseille, des enseignants du primaire et du secondaire se réunissaient mercredi matin avec les postiers avant une action à la gare Saint-Charles. A Toulouse, les syndicats enseignants FSU, Sud et CGT tiendront une assemblée générale jeudi pour organiser une grève la semaine prochaine.

Dans les raffineries, les salariés sont très mobilisés à l'appel de la CGT. Six des douze raffineries Total en France sont en cours d'arrêt. La direction du groupe pétrolier affirme toutefois qu'il n'y a pas à ce stade de problème d'approvisionnement des stations-services.

A Marseille, région où la grogne sociale est la plus forte, une bonne partie des éboueurs publics sont en grève à l'appel de FO, syndicat majoritaire dans les services municipaux mais le travail a repris sur les bassins de marchandises du port.

Les assemblées générales de cheminots sont en cours, mais certaines ont déjà reconduit le mouvement, a-t-on appris de sources syndicales.


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