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Italie: le marché voit la bonne nouvelle dans la mauvaise

©REUTERS

La dégradation de la note de l’Italie n’a pas provoqué de gros remous sur les marchés financiers.

Ce lundi, la Bourse de Milan a gagné jusqu’à 2% en début de séance pour lâcher un peu plus de 0,5% en fin de séance. Et du côté des taux d’intérêt, le rendement de l’obligation gouvernementale italienne à dix ans s’est détendu lundi matin à 3,3%, contre 3,48% vendredi soir. Certes, ces deux indicateurs représentatifs de la confiance des investisseurs dans les actifs italiens se sont ensuite un peu dégradés au fil de la journée mais sans traduire une anxiété particulière des gestionnaires d’actifs au sujet de l’Italie.

"La tension ne devrait pas retomber à cause des indicateurs économiques qui reflètent la dégradation de la situation."
Bernard Keppenne
Chef économiste de CBC

Pourtant, une dégradation de la note d’évaluation financière reste fondamentalement une mauvaise nouvelle pour un État puisqu’elle conduit les prêteurs à réclamer un taux d’intérêt plus élevé au moment d’investir dans les emprunts de ce pays. Dès lors, comment expliquer cette sérénité des marchés vis-à-vis de l’Italie? "La baisse de la notation était largement attendue, explique Frank Vranken, chef stratégiste chez Puilaetco Dewaay. La perspective fixée à "stable" était moins évidente. Les mauvaises nouvelles pourraient donc être considérées en fait comme positives."

Le marché des changes est également resté de marbre alors que l’euro avait récemment reculé à cause de craintes liées aux conséquences, pour la monnaie unique, d’une opposition frontale entre la Commission européenne et le gouvernement italien. Lundi, la devise européenne a oscillé autour de 1,15 dollar, soit la même valeur que vendredi soir.

Mais tout n’est pas rose pour autant pour les actifs italiens cotés en Bourse. Si la baisse de rating de l’Italie "n’a pas aggravé la tension sur ses taux, l’écart demeure significatif avec le Bund allemand", relève Bernard Keppenne, chef économiste de CBC. Pour emprunter de l’argent sur une période de dix ans, l’Italie doit payer un taux d’intérêt de près de 3,5% alors que l’Allemagne peut se contenter de verser moins de 0,5%.

"La tension ne devrait pas retomber à cause des indicateurs économiques qui reflètent la dégradation de la situation", avertit Bernard Keppenne.

"À plus long terme, il n’y a pas de quoi être optimiste", confirme Frank Vranken, qui relève que la durée moyenne de la dette de l’Italie est la deuxième parmi les plus courtes de la zone euro, ce qui implique qu’une montée des taux a plus vite un impact sur la charge d’intérêts. De plus, la croissance économique italienne est faible et les banques sont sensibles à la baisse de valeur des obligations de l’État italien. De bons ingrédients pour une crise… 

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