interview

Jean-Baptiste Lemoyne: "Belges, on vous déroule le tapis rouge en France"

Le secrétaire d'État français au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne était à Wervik ce lundi pour une ouverture symbolique de la frontière franco-belge. ©Photo News

La France lance une opération de charme envers les touristes belges, fidèles et dépensiers. Le secrétaire d'État Jean-Baptiste Lemoyne a fait le déplacement pour marquer le coup et rassurer: les mesures sanitaires sont prises et les remboursements en cas de pépin seront facilités.

La petite ville frontalière de Wervik, à l’ouest de Courtrai recevait ce lundi le secrétaire d’État français au Tourisme pour marquer la réouverture de la frontière franco-belge. "Ça peut paraître banal de passer de part et d’autre de la Lys en temps normal, mais après trois mois de confinement il y avait un bonheur authentique de se retrouver, ça se lisait sur les visages", raconte Jean-Baptiste Lemoyne, qui nous a reçus à la Résidence de France à Bruxelles, avant de prendre le dernier Thalys retour pour Paris.

"Il sera plus facile d’annuler en cas de problème."
Jean-Baptiste Lemoyne
Secrétaire d'Etat français au Tourisme

Pourquoi avoir choisi la Belgique pour marquer la réouverture de vos frontières?
Il se trouve que les Belges choisissent comme premier pays de destination pour leurs vacances la France. Je tenais à être ici pour dire à ce public fidèle: on vous attend, on vous déroule le tapis rouge. Les professionnels du tourisme ont mis en place des protocoles sanitaires, ils n’attendent qu’une chose, c’est de pouvoir à nouveau accueillir leur public.

D’autres pays européens ont choisi de maintenir les frontières fermées pour les Belges: le choix de la France est-il dicté d’abord par l’épidémiologie ou par l'économie?
Les deux mon général. On ne joue pas avec la santé des Français. On constate qu’au niveau européen, on est tous globalement à un niveau très satisfaisant dans la décroissance du virus. C’est ce qui nous a permis de prendre cette décision, et trois quarts des États européens convergeaient sur cette date du 15 juin pour lever un certain nombre de contrôles à la circulation.

Un quart considère donc encore que danger est trop élevé…
Tout ça est aussi lié au rythme de déconfinement qui peut être un peu différent d’un pays à l’autre. Mais trois quarts, c’est un beau succès: après beaucoup de décisions unilatérales au début, je trouve que pour la sortie de crise, l’Europe est là. Y compris sur le soutien au secteur du tourisme: on souhaite tous ensemble qu’environ 20% du plan de relance européen soit dédié à ce secteur.

Plan qui n’est pas encore garanti, la discussion s’amorce au Conseil européen vendredi…
Mais d'ores et déjà, nous sommes un certain nombre d’États membres à avoir annoncé des plans de soutien massifs. Pour la France, ce sont 18 milliards d’euros qui ont été mis sur la table. Tout ce qui pourra être fait en plus au niveau européen sera le bienvenu. J’espère que le tourisme saura fédérer les chefs d’État et de gouvernement pour aboutir sur ce plan de relance indispensable.

Il y a eu des appels à ce que les Belges privilégient la Belgique pour passer leurs vacances: lisez-vous une tendance dans les réservations?
Les dernières données de l’Abto, l’association des organisateurs de voyages belges, sont très encourageantes. Près de neuf Belges sur dix envisagent un déplacement. Ils envisagent de dépenser 11% de plus que l’an dernier, et la France reste leur destination préférée. Les clignotants sont au vert. Mais rien n’est jamais acquis, et je viens dire aux Belges: au moment où il est devenu un peu périlleux de faire des voyages lointains, vous pouvez faire le tour du monde en faisant le tour de France.

Y compris de l’Outre-mer?
L’Outre-mer sera accessible à partir de juillet. Il l’est déjà, mais avec un certain nombre de mesures de quatorzaine.

"On a quinze jours pour conduire un travail entre Européens pour partager notre analyse des situations sanitaires dans le monde."
Jean-Baptiste Lemoyne
Secrétaire d'État français au Tourisme

Quid des remboursements de voyages en cas de problème lié au Covid?
Nous avons travaillé sur la réassurance financière puisque les grandes fédérations hôtelières ou les entreprises du voyage se sont engagées pour la flexibilité dans les procédures d’annulation liées à l’épidémie. Donc je crois qu’il n’y a pas de crainte à pouvoir désormais réserver ses déplacements. Il sera plus facile d’annuler en cas de problème.

En cas de deuxième vague, est-on assuré de pouvoir rentrer chez soi?
La meilleure garantie, c’est que chacun demeure responsable: poursuivre les bonnes pratiques mises en place en matière d’hygiène, les gestes barrière.

Comment envisagez-vous la réouverture des frontières extérieures de l’Europe?
La France a parlé du 1er juillet pour l’accès aux ressortissants d’États qui ont maîtrisé l’épidémie. On a quinze jours pour conduire un travail entre Européens pour partager notre analyse des situations sanitaires dans le monde.

Il n’y a donc pas d’analyse commune?
On cherche à partager cette analyse. Nous partageons nos listes avec nos collègues européens en vue d’avoir au maximum des décisions convergentes, mais je ne dis pas que ça sera uniforme partout. C’est un travail en cours, on est dans l’échange de vues.

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