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Johnson augmente massivement les cotisations pour sauver les services de santé

Le chef du gouvernement britannique Boris Johnson, entouré du secrétaire à la Santé Said Javid (gauche) et du Chancelier de l'Échiquier Rishi Sunak (droite), lors de la présentation de la nouvelle cotisation destinée à financier le NHS. ©EPA

Une nouvelle taxe spéciale de 1,25% sera payée par l'ensemble des salariés, des retraités, des investisseurs et des entreprises pour financer le NHS, le National Health Service.

Six mois après avoir augmenté de 19 à 25% la taxation sur les bénéfices des entreprises, Boris Johnson procède à la réforme fiscale la plus spectaculaire depuis l'invention de la TVA, il y a un demi-siècle, en créant une nouvelle taxe qui concernera cette fois tous les acteurs de l'économie: salariés, retraités, investisseurs, entreprises.

À partir d'avril 2022, une charge supplémentaire de 1,25% sera appliquée sur les revenus bruts des salariés et des retraités, sur les dividendes des actionnaires et entrepreneurs, et sur les cotisations patronales des entreprises. Cette cotisation sera intégrée à la National Insurance Contribution dans un premier temps, puis sera séparée à partir de 2023, avec un intitulé et une ligne uniques sur les feuilles de paie.

Les 14 milliards de livres (16,4 milliards d'euros) récoltés chaque année seront directement fléchés vers le National Health Service (NHS), assure Downing Street.
Après avoir maintenu l'économie britannique sous respiration artificielle pendant les trois confinements, l'État britannique abordera 2022 avec près de 40 milliards de livres de recettes fiscales annuelles supplémentaires: 8 milliards d'impôts sur les revenus et 17 milliards de taxes sur les bénéfices annoncés en mars, et 14 milliards de cotisations pour le NHS annoncés cette semaine.

14
milliards de livres
La nouvelle cotisation de 1,25% permettra de récolter 14 milliards de livres (16,3 milliards d'euros) qui seront affectés aux services de santé britanniques.

Il faut remonter à un budget de 1993, sous John Major, pour trouver une hausse aussi massive des impôts, dans un contexte où la banque centrale n'en était pas encore réduite systématiquement au dernier recours de l'assouplissement quantitatif.

Promesses de campagne

Cette année 2021 marque un tournant historique pour le parti conservateur, qui infléchit près de quatre décennies de réductions d'impôts, sous l'impulsion initiale de Margaret Thatcher. Ce niveau d'imposition est inédit depuis la Seconde Guerre mondiale, rappelle The Institute of Fiscal Studies. "Cette pandémie devrait avoir pour conséquence d'augmenter de façon permanente le poids de l'État, comme cela s'est produit après chaque guerre mondiale, mais pas après la crise financière. Au sortir de cette pandémie, les dépenses de l'État atteignent 42,4% du revenu national."

Boris Johnson brise ainsi une promesse de campagne de ne pas augmenter les cotisations, faite avant les élections de décembre 2019, trois mois avant les premiers ravages du Covid-19. "La pandémie mondiale n'était pas non plus dans notre programme", s'est défendu le Premier ministre lors de la présentation de son plan aux Communes.

Ce nouvel effort demandé aux travailleurs rappelle encore une fois le caractère mensonger de son fameux slogan apparu sur les bus lors de la campagne du Brexit, selon lequel la sortie britannique de l'Union européenne allait, à elle seule, permettre de redonner 350 millions de livres par semaine au NHS.

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