Jus d'orange, beurre de cacahuète, jeans: tout ce que l'Europe taxera si Trump persiste

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La commissaire Cécilia Malmström a présenté les grandes lignes de la réponse que l’Union européenne fera si Donald Trump ferme effectivement les portes aux importations d’acier et d’aluminium.

"Nous espérons toujours que l’Union européenne, partenaire de sécurité (des États-Unis), sera exclue" des mesures annoncées par l’administration américaine contre l’acier et l’aluminium, a indiqué la commissaire au Commerce Cecilia Malmström lors d’une conférence de presse ce mercredi. Donald Trump pourrait imposer des barrières taxatoires globales de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium.

La Maison-Blanche a confirmé ce mercredi qu'elle annoncerait, dans les prochains jours, les détails des taxes qu'elle entend imposer. "Nous tablons toujours sur une annonce à la fin de la semaine", a déclaré la porte parole du gouvernement américaine, Sarah Sanders.

L’administration américaine s’appuie sur un argument de sécurité nationale pour justifier cette intention. "Nous avons des doutes sérieux sur (la validité de) cette justification" avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a indiqué la commissaire suédoise. Selon l’interprétation de la Commission, cela permet aux Européens de préparer des mesures de riposte.

Tout en soulignant qu’aucune décision n’a été prise jusqu’à présent, Cecilia Malmström a présenté les grandes lignes de la réponse que l’Union européenne fera si Donald Trump ferme effectivement les portes aux importations d’acier et d’aluminium.

Quels produits sont concernés?

Les barrières tarifaires envisagées visent une liste de produits américains qui, outre l’acier et l’aluminium (les aciers laminés à plats inoxydables, les tubes sans soudure, etc.), comprend des produits industriels et agricoles, mais également le tabac, des cigares, des cigarettes, du tabac à rouler, à pipe ou à chiquer.

Une liste provisoire est en discussion. Il y a sur cette liste des produits en acier, industriels et agricoles. Certains types de bourbon en font partie ainsi que d'autres articles comme le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d'orange.
Cecilia Malmström
Commissaire européenne au Commerce

Cette liste, encore en discussion, comprend aussi certains types de bourbon et de whisky, ainsi que "le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d'orange", a précisé Malmström. Mais ce n'est pas tout. Sont également concernés certains haricots, le riz, le maïs (transformé ou non), des T-shirts, des pantalons (dont les jeans), des shorts, le linge en coton et les chaussures en cuir, des produits de beauté ou de maquillage comme le rouge à lèvres, certaines huiles essentielles, la laque ou certains produits pour la peau.

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait déjà cité les jeans Levi's, les motos Harley Davidson et le bourbon. Harley a son siège dans le Wisconsin, l’État du président de la Chambre des représentants Paul Ryan. Et c’est au Kentuky, grand producteur de bourbon, qu’a été élu le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Outre les motos, plusieurs types de véhicules sont concernés: des véhicules de transport, des bateaux à moteur ou de plaisance, les yachts ou les canoés. Enfin, citons également les piles, les batteries et les cartes à jouer.

 

Les nouvelles taxes annoncées par Donald Trump infligeraient un préjudice direct de 2,8 milliards d’euros aux exportateurs européens. L’Union prépare des mesures de rétorsion, qui consisteront à taxer une liste de produits américains. L’objectif est de maximiser l’impact négatif sur les États-Unis, tant économiquement que politiquement. Tout en minimisant l’effet sur l’économie européenne.

2,8
milliards d’euros
Les nouvelles taxes annoncées par Donald Trump infligeraient un préjudice direct de 2,8 milliards d’euros aux exportateurs européens.

Mais la mise en œuvre de ces contre-mesures dépendra de l’attitude américaine: "On peut décider de le faire, mais on peut aussi attendre. Cela dépend de si les mesures [américaines] sont mises en œuvre, et pour combien de temps", a indiqué Cécilia Malmström.

L’Union entend aussi protéger son marché d’une réorientation du flux de production, alors que les mesures annoncées par Donald Trump devraient mener à une réduction des importations américaines "de 15 millions de tonnes", a indiqué Cécilia Malmström.

Sans des mesures de sauvegarde contre les autres pays exportateurs, avait indiqué le ministre de l’Économie Kris Peeters mardi, "des pays comme l’Inde et la Chine pourraient venir inonder le marché européen de leur acier et de leur aluminium".

Si Donald Trump met ses menaces à exécution, l’Union européenne entend aussi déposer une plainte formelle devant l’OMC.

Comme l’OCDE l’avait fait mardi, la Commissaire a souligné que la racine de cette crise réside dans les surcapacités du secteurs, causées par "des subsides d’Etat massifs" qui ne peuvent être résolu "que par la coopération, à la source", c’est-à-dire en Chine.

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