L'Allemagne échappe de justesse à la récession

L'Allemagne est en première ligne dans le conflit commercial parce que son économie dépend très fortement des exportations de son industrie. ©AFP

L'Allemagne a échappé à une entrée officielle en récession, son produit intérieur brut progressant de 0,1% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent. Il s'était contracté de 0,2% sur la période mai-juin.

Plombée par son industrie, l'Allemagne a tout juste échappé à une entrée officielle en récession, son produit intérieur brut progressant de 0,1% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, qui était dans le rouge. Pour rappel, l'Allemagne avait déjà échappé de justesse, fin 2018, à deux trimestres consécutifs de recul de la production.

Bonne nouvelle pour ce trimestre écoulé, donc... Par contre, l'Office fédéral des statistiques a révisé à la baisse ses chiffres du deuxième trimestre: le PIB a reculé plus fortement qu'initialement annoncé sur cette période, cédant 0,2% au lieu de 0,1%. 

Même si la récession technique n'est pas actée en Allemagne, l'industrie d'outre-Rhin inquiète toujours. En septembre, la production industrielle reculait de 0,6% sur un mois, affectée par le conflit commercial sino-américain, l'interminable feuilleton du Brexit et les menaces de Donald Trump visant les importations de voitures européennes.

La croissance en zone euro confirmée à 0,2%

La croissance économique dans la zone euro est restée stable à un bas niveau au troisième trimestre, montre la deuxième estimation publiée jeudi par Eurostat. Le produit intérieur brut (PIB) des 19 pays ayant adopté la monnaie unique a augmenté de 0,2% sur la période juillet-septembre, et de 1,2% en rythme annuel.

Quel budget?

Toute la question est désormais de savoir si la consommation intérieure, portée par la résistance du marché de l'emploi, va continuer à compenser la morosité des exportations et des investissements.

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Le PIB allemand avait perdu 0,1% au deuxième trimestre

Le gouvernement, qui table pour 2019 sur un modeste 0,5% de croissance, a abaissé en octobre ses prévisions pour 2020, et n'attend plus que 1% de hausse du PIB contre 1,5% lors de ses précédentes prévisions au printemps. Ces craintes de récession ravivent le débat sur le Schwarze Null, soit la règle d'un budget fédéral au moins à l'équilibre que les gouvernements observent scrupuleusement depuis 2014.

Pourquoi dépenser davantage?

Le Schwarze Null vient renforcer la règle constitutionnelle du Schuldenbremse (frein à l'endettement), qui autorise un déficit pouvant aller jusqu'à 0,35% du PIB, et même au-delà en cas de circonstances exceptionnelles. La semaine dernière, le comité des Sages, un groupe de cinq économistes chargés de conseiller le gouvernement d'Angela Merkel, a préconisé d'assouplir ce verrou budgétaire "en cas de ralentissement plus prononcé" de l'activité, au motif qu'il pourrait entraver une reprise. Le lobby allemand de l'industrie (BDI) a sauté sur l'occasion pour appeler Berlin à "augmenter les investissements publics".

Les partenaires de Berlin et les organisations internationales ne cessent également de presser l'Allemagne à dépenser plus. Cela permettrait au pays de:

  • relancer son économie;
  • stimuler celle de ses voisins;
  • préparer l'avenir d'une société vieillissante.

Reste que même si Berlin infléchissait sa politique, rien ne dit que le pays puisse mobiliser rapidement des sommes importantes. En septembre, une étude de la banque Berenberg évoquait ainsi les "longues procédures", le "sous-effectif des administrations locales" et les "longues contestations judiciaires des projets", comme autant d'entraves pratiques aux investissements.

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