L’Allemagne met fin à la rigueur budgétaire

Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz a présenté le budget 2021 de la République fédérale. ©EPA

Le gouvernement allemand a présenté ce mercredi son projet de budget pour 2021. Le pays renoue avec les dettes pour faire face au défi de la crise du Covid-19. Dans le pays, le débat autour des hausses d’impôts est relancé à un an des prochaines élections.

Du fait de la crise sanitaire, l’Allemagne va faire l’an prochain 96,2 milliards de dettes. C’est 86 milliards de plus que ce qu’autorise en théorie la Constitution. Le pays tournera ainsi de nouveau le dos – comme en 2020 déjà (217,8 milliards d’euros de crédits souscrits cette année) – à la stricte orthodoxie budgétaire, érigée en dogme par le précédent ministre des Finances Wolfgang Schäuble (CDU).

Un "frein à l’endettement", inscrit en 2011 dans la Constitution, interdit en théorie à Berlin de recourir au crédit dans une proportion supérieure à 0,35% du PIB, sauf situation exceptionnelle. "Pour 2020 et 2021, nous sommes obligés de demander au Parlement de nous autoriser à emprunter une somme inhabituellement élevée", a expliqué le ministre des Finances Olaf Scholz (SPD). Entre 2022 et 2024, l’Allemagne devra de nouveau recourir à l’emprunt pour couvrir ses dépenses mais le budget devrait alors rentrer dans les clous de la Constitution. Le ministre des Finances prévoit en effet – outre un crédit de 22 milliards – d’épuiser sur cette période un coussin de réserve de 48 milliards d’euros mis de côté depuis 2015 pour financer l’intégration des réfugiés.

96,2
milliards €
L’Allemagne va faire l’an prochain 96,2 milliards de dettes.

L’adieu au principe de l’équilibre budgétaire est le prix à payer de la crise sans précédent que traverse le pays, obligeant le gouvernement à adopter des mesures extraordinaires. Berlin avait notamment adopté en mars un plan de sauvetage des entreprises de 1.000 milliards d’euros, accompagné d’un plan de relance de la machine économique de 130 milliards d’euros. Rien qu’en 2021, 55 milliards d’euros doivent être investis à ce titre dans la santé, les transports, le numérique et la transition écologique. "Nous ne sortirons pas le crayon rouge", avait alors souligné Olaf Scholz. "Renoncer à investir massivement coûterait plus cher au pays", indique le ministère des Finances.

Le gouvernement mise pour cette année sur une chute du PIB de -5,8%, suivie l’an prochain d’une reprise de +4,4%. L’économie allemande devrait retrouver début 2022 son niveau d’avant la crise du Covid, selon les estimations. Mais les recettes fiscales, elles, ne devraient retrouver ce niveau qu’en 2024. Sur trois ans, le manque à gagner au niveau des recettes fédérales est estimé à 132 milliards d’euros.

À un an des prochaines élections, Olaf Scholz, qui sera le candidat du SPD pour la succession d’Angela Merkel, a déjà annoncé que "les riches devront faire preuve de solidarité", relançant ainsi le débat autour des hausses d’impôts.

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