"L'Allemagne n'a pas fait les efforts nécessaires de relance budgétaire" (Christine Lagarde)

Christine Lagarde (BCE) au micro de RTL France le 30 octobre 2019. ©RTL /FREDERIC BUKAJLO / SIPA

Au micro de RTL, la nouvelle directrice de la BCE a évoqué la croissance européenne, la zone euro et taclé son voisin allemand.

Dans moins de 48 heures, Christine Lagarde s'installera dans le fauteuil de directrice de la Banque Centrale européenne (BCE). 

Interrogée ce mercredi matin au micro de RTL, Christine Lagarde a d'abord évoqué "l'incertitude, la confiance qui s'effrite", mais aussi "des investisseurs qui se demandent à quelle sauce ils vont être mangés".

Selon elle, la croissance "existe, mais elle est précaire et fragile". L'ex-ministre française de l'Économie a cependant expliqué que la santé actuelle de la croissance mondiale était due à "des aléas qui ne sont pas seulement de nature chiffrée". "On a un effet direct assez mineur quand on regarde l'impact de la politique américaine en direction de la Chine", a-t-elle précisé comme exemple.

L'Allemagne dans son viseur

Interrogée sur les pays en excédent budgétaire, dont l'Allemagne, elle a répondu du tac au tac qu'ils "n'ont pas vraiment fait les efforts nécessaires" en matière de relance budgétaire pour consolider une croissance fragile.

Pourquoi ne pas utiliser l'excédent budgétaire et investir dans des infrastructures, l'éducation et l'innovation?
Christine Lagarde
BCE

"On pense évidemment à des pays qui sont de manière chronique en excédent budgétaire comme les Pays-Bas, l'Allemagne, un certain nombre d'autres dans le monde", a-t-elle enchaîné.

"Pourquoi ne pas utiliser cet excédent budgétaire et investir dans des infrastructures - qui entre nous en ont bien besoin contrairement à ce qu'on imagine - pourquoi ne pas investir dans l'éducation, dans l'innovation pour permettre un meilleur rééquilibrage en présence des déséquilibres actuels ?", a poursuivi celle qui va succéder à Mario Draghi, dont la politique monétaire accommodante a régulièrement fait l'objet de vives critiques outre-Rhin.

"Les banques centrales, dans l'ensemble, ont fait leur boulot", a jugé Mme Lagarde tout en regrettant qu'elles aient parfois été "un peu seules à la manoeuvre".

On partage une monnaie mais on ne partage beaucoup de politique budgétaire pour le moment.

Manque de solidarité dans la zone euro

Dans la zone euro, "il n'y a pas suffisamment d'éléments de solidarité dans une zone monétaire unique", constate-t-elle. "On partage une monnaie, on ne partage beaucoup de politique budgétaire pour le moment", a-t-elle regretté. "Il n'y a pas, et on peut le déplorer - je sais que certains le déplorent, bien évidemment - un budget commun à la zone euro", même si "les ministres des Finances de la zone euro semblent avoir ancré les éléments d'un budget" qui doit maintenant être approuvé par les chefs d'État et de gouvernement.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés