L'Allemagne proche de la récession, selon la Bundesbank

Comment protéger l'économie allemande? La chancelière Angela Merkel et son ministre des Finances social-démocrate Olaf Scholz pourraient renoncer au dogme allemand de l'équilibre . ©Michael Kappeler/dpa

Le PIB allemand s'est contracté de 0,1% au deuxième trimestre. Mais selon la la banque centrale, la contraction pourrait s'être poursuivie durant l'été. Et donc, l'Allemagne serait en récession.

On parle de récession technique lorsqu'une économie connaît un recul du PIB lors de deux trimestres consécutifs. L'Allemagne pourrait-elle vivre cela? Oui, à entendre la Bundesbank. 

Pour la banque centrale allemande, l'économie allemande pourrait bel et bien entrer en récession au troisième trimestre. Elle l'écrit dans son rapport mensuel. Rappelons que le PIB du plus gros moteur de l'UE a connu un recul de 0,1% au deuxième trimestre. Quel est le problème?

L'export à la peine

La principale raison à cela est la poursuite de la baisse dans l'industrie.
Bundesbank

L'économie allemande repose surtout sur les exportations dans le secteur industriel. Elle est actuellement fortement pénalisée par la guerre commerciale entre deux de ses principaux clients, les États-Unis et la Chine. Le problème reste donc la nette contraction de la production industrielle.

À noter que la consommation intérieure reste un soutien à l'activité, mais que le marché du travail montre des signes de faiblesse et la confiance dans le secteur des services baisse... 

Cette dégradation économique ravive depuis plusieurs jours le débat politique sur la nécessité d'abandonner le dogme allemand de l'équilibre budgétaire, en recourant à la dette pour soutenir la conjoncture ou, à tout le moins, compenser les effets négatifs de la récession qui se profile.

L'Allemagne peut, sur le papier, se le permettre. Le pays a connu cinq ans d'affilée de comptes budgétaires excédentaires et des taux d'intérêts pour les emprunts à long terme extrêmement attractifs pour l'État fédéral.

Changement de programme?

Officiellement, le gouvernement continue d'affirmer qu'il n'est pas question de remettre en cause la politique menée depuis plusieurs années et prévue jusqu'à au moins 2021 d'un budget fédéral au moins à l'équilibre, sans recours à de l'endettement supplémentaire.

Mais selon l'hebdomadaire Der Spiegel paru ce week-end, qui cite des sources proches du dossier, la chancelière conservatrice, Angela Merkel, et son ministre des Finances social-démocrate, Olaf Scholz, sont en fait prêts à y renoncer si le pays entre en récession. Olaf Scholz a aussi semblé préparer les esprits à un recours à l'endettement en cas de crise sévère. Il a expliqué que l'Allemagne disposait des ressources budgétaires nécessaires pour faire face à une éventuelle crise économique.

Si nous avons en Allemagne un endettement qui est inférieur à 60% de notre PIB, il s'agit alors de la force dont nous avons besoin en cas de crise pour y faire face avec toute la vigueur nécessaire
Olaf Scholz
Ministre des Finances allemand

Plusieurs responsables sociaux-démocrates souhaitent, en particulier, que l'Allemagne puise dans ses réserves pour financer un plan de lutte contre le réchauffement climatique ou des travaux d'infrastructure.

Mais un abandon du dogme du budget équilibré semble dans l'immédiat peu probable alors que se profilent des élections régionales importantes en septembre et octobre et qu'une partie importante de l'opinion y reste très attachée.

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