L'économie allemande au bord de la récession

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L'institut de conjoncture allemand a ramené sa prévision de croissance pour 2019 à 0,5%, au lieu de 0,6% auparavant.

Le timing ne pouvait pas être meilleur. Alors que les membres de la Banque centrale européenne (BCE) se réunissaient ce jeudi après-midi pour prendre de nouvelles mesures de soutien à la croissance, l’institut de conjoncture allemand IFO abaissait sa prévision de croissance pour l’Allemagne en 2019.

L’IFO a ramené sa prévision de croissance pour 2019 à 0,5% (au lieu de 0,6% auparavant), tout en annonçant une probable contraction de 0,1% de la première économie de la zone euro au troisième trimestre. Comme le deuxième trimestre s’était déjà soldé par une baisse du PIB de 0,1%, cela signifie que l’économie allemande entrerait — techniquement parlant — en récession.

De son côté, l’Institut allemand de politique macroéconomique (IMK) évalue à près de 60% le risque d’une récession.

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"La faible conjoncture impacte désormais le marché du travail."
timo wollmershaeuser
directeur de l’ifo

Et encore, le scénario esquissé par l’IFO exclut l’éventualité d’un Brexit sans accord ou d’une escalade possible des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. "Ce ralentissement est la conséquence d’une série d’événements politiques mondiaux qui remettent en cause un ordre économique international établi sur plusieurs décennies", souligne le directeur de l’IFO, Timo Wollmershaeuser.

L’IFO constate que la faiblesse du secteur manufacturier se propage à d’autres secteurs de l’économie, dont la logistique et les services, et affecte désormais le marché du travail.

L’horizon s’assombrit également pour 2020, puisque l’IFO ramène sa prévision de croissance de 1,7% à 1,2% seulement. Et si on tient compte du nombre élevé de jours travaillés en 2020, on ne serait qu’à 0,8% de croissance l’an prochain. Pour 2021, l’IFO prévoit une remontée à 1,4%.

Conséquence logique, l’excédent financier de l’État allemand fondra de 45,8 milliards d’euros cette année à 23,1 milliards l’an prochain et 18,6 milliards en 2021. De quoi néanmoins mettre en œuvre les politiques de relance réclamées par les partenaires européens. D’autant que pendant ce temps-là, l’excédent controversé de la balance commerciale devrait continuer à augmenter, passant de 245 milliards d’euros en 2019 à 258 milliards en 2020 et 265 milliards en 2021.

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