L'économie de la zone euro s’est moins contractée que prévu

Malgré un contexte très difficile, l'industrie allemande est parvenue à tirer son épingle du jeu. ©Matthias Rietschel/dpa-Zentralbild/dpa

Le PIB de la zone euro a chuté de 6,8% en 2020, ce qui est moins que redouté. En 2021, l'économie européenne restera cependant en retrait par rapport au reste du monde.

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a subi une chute historique de 6,8% en 2020, mais c’est moins qu'anticipé. Dans ses prévisions d'automne, la Commission européenne tablait sur une chute de 7,8% sur l'année. Au quatrième trimestre, le PIB a baissé de 0,7%, par rapport au trimestre précédent.

La perspective d’un Brexit sans accord a poussé les entreprises britanniques à importer davantage en fin d’année.

Pour l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne, on enregistre récession de 6,4% sur l'année et de 0,5% pour la période d'octobre à décembre.

Un avant-goût de ce bilan moins catastrophique que prévu nous avait déjà été proposé vendredi dernier. On apprenait alors que les économies belge (-6,2%), française (-8,3%) et allemande (-5%) s’étaient moins contractées qu’initialement redouté. C’est sans doute la preuve que la deuxième vague de la pandémie a été mieux encaissée par les économies que la première vague au printemps.

Le chiffre du quatrième trimestre a sans doute aussi été favorablement influencé par la perspective d’un Brexit sans accord, qui a poussé les entreprises britanniques à importer davantage en fin d’année, notamment en Allemagne et en Belgique.

Des doutes sur l’Italie

-11%
La plus sévère récession dans la zone euro concerne l’Espagne, avec un PIB en chute de 11% en 2020.

En même temps que le PIB de la zone euro, les observateurs scrutaient la croissance italienne. Ici aussi, le résultat est moins mauvais qu’escompté. Le PIB italien s’est contracté de 2% au quatrième trimestre, au lieu des -3,5% anticipés. Sur l’ensemble de l’année 2020, l’économie italienne a plongé de 8,9%, alors que la Banque d'Italie et le Fonds monétaire international (FMI) tablaient sur 9,2%.

Ceci étant, la crise politique que traverse l’Italie suscite des doutes quant à sa capacité à relancer l’économie, notamment par le biais des fonds alloués par l’Europe (environ 200 milliards d’euros).

La plus sévère récession dans la zone euro concerne l’Espagne, avec un PIB en chute de 11% sur l’ensemble de l’année écoulée.

Au total, l’Europe fait moins bien que ses grands partenaires commerciaux. L’an dernier, le PIB a reculé de 3,5% aux États-Unis, de 3,1% en Russie, tandis qu’il a progressé de 2,3% en Chine, premier pays à avoir jugulé la pandémie.

En 2021, l'économie européenne devrait également évoluer quelque peu en retrait. D'après les dernières prévisions du FMI, les États-Unis (+5,1%) et surtout la Chine (+8,1%) devraient rebondir plus fort que la zone euro (+4,2%). La plupart des économistes s'attendent à une nouvelle chute du PIB pour la zone euro au premier trimestre 2021 compte tenu du prolongement des mesures de confinement.

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