L'Espagne espère éviter la contagion

Elena Salgado

Elena Salgado ne voit absolument aucune raison de comparer le pays dont elle est ministre des finances avec le Portugal et l'Irlande.

La ministre de l'Economie espagnole Elena Salgado a assuré mardi qu'il n'y avait "aucune raison" que son pays soit affecté par la situation de l'Irlande et du Portugal, espérant ainsi éviter la contagion dont l'Espagne avait souffert au printemps. Il n'y a "absolument aucune raison" de comparer les situations de ces deux pays, dont la santé financière inquiète actuellement l'Union européenne, avec celle de l'Espagne, a-t-elle déclaré à des journalistes au Parlement, où est débattu mardi le budget 2011 du gouvernement socialiste.

"La situation en Espagne est et va continuer d'être complètement différente" de celles de l'Irlande et du Portugal, a-t-elle affirmé.

Au printemps et au début de l'été, l'Espagne avait été secouée par le vent de panique soufflant sur les marchés financiers, dans le sillage du plan de sauvetage de la Grèce, ce qui l'avait amenée à accentuer sa politique de rigueur et de réforme du marché du travail pour rassurer les investisseurs.

"Nous avons adopté nos mesures (d'austérité) au mois de mai et nous sommes en train de les appliquer", a-t-elle déclaré. "Les chiffres d'exécution du budget montrent que nous sommes en train de remplir nos conditions de déficit, les comptes publics pour 2011 vont être approuvés, nos revenus et notre économie sont en train de récupérer, même si cela se fait plus lentement que ce que nous aimerions", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur des informations de la presse espagnole mardi selon lesquelles Bruxelles aurait demandé au président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, plus de réformes pour se différencier de l'Irlande et du Portugal, Mme Salgado a nié, assurant: "je n'ai pas cette information".

Le Trésor espagnol a émis mardi pour 4,975 milliards de bons à 12 et 18 mois, à des taux en nette hausse, reflétant le retour des inquiétudes concernant les pays les plus fragiles de la zone euro.

Les Européens redoutent une contagion de la situation irlandaise, avec un déficit abyssal, à d'autres pays périphériques comme le Portugal, l'Espagne, la Grèce ou l'Italie, qui du coup se retrouvent eux aussi dans la ligne de mire des marchés financiers, comme au printemps.

Dans un "chat" sur le site du journal El Pais, le ministre espagnol de la Présidence Ramon Jauregui a reconnu que "nous sommes en train de vivre en Espagne l'effet injuste de contagion d'économies qui souffrent de problèmes très différents des nôtres". "L'Espagne fait ses devoirs, et les marchés, ainsi que les autorités économiques et politiques européennes le reconnaissent ainsi", a-t-il assuré, alors que le pays s'est engagé à fortement réduire ses déficits.

Elena Salgado s'est déclarée favorable à "fournir la plus grande aide" à l'Irlande et au Portugal afin que ces derniers puissent "résoudre leurs problèmes de manière autonome".

 

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