L’État britannique accentue son secours aux lignes ferroviaires

Les franchises de lignes ferroviaires britanniques devront subir le relifting le plus spectaculaire depuis l'adoption de ce modèle dans les années 90. ©Photo News

Plus de 3,5 milliards de livres ont déjà été dépensés depuis le début de la pandémie pour empêcher l’effondrement des franchises privées, dont le modèle est jugé dépassé par le gouvernement.

Au-delà de l’impact global de la pandémie sur l’économie britannique, la sous-fréquentation des transports en commun a eu un effet dévastateur sur les revenus des franchises de lignes ferroviaires, qui ont reçu près de 3,5 milliards de livres (3,8 milliards d'euros) depuis le mois de mars. Et qui devront subir le relifting le plus spectaculaire depuis que ce modèle a été adopté par l’ancien Premier ministre conservateur John Major au début des années 90.

Celles-ci seront transformées en deux phases, avec dans un premier temps une plus grande implication des pouvoirs publics et peut-être ensuite une vague de nationalisations, dans la continuité de celles qui ont déjà été opérées ces dernières années. Cela a été le cas de deux lignes, l’East Coast Mainline en 2018, et la Northern en tout début d’année.  Des mesures exceptionnelles pour un gouvernement tory.

Un livre blanc sera publié après la pandémie. Le ministre des transports Grant Shapps laisse clairement entendre que la réforme sera l’une des plus profondes depuis l’après-guerre: "Le modèle de privatisation adopté il y a 25 ans s'est accompagné de hausses importantes du nombre de passagers, mais cette pandémie a prouvé qu'il ne marchait plus".

“Le modèle de privatisation adopté il y a 25 ans s'est accompagné de hausses importantes du nombre de passagers, mais cette pandémie a prouvé qu'il ne marchait plus”.
Grant Shapps
Ministre des transports

Il y a encore trois semaines, avant l’explosion du nombre de nouveaux cas de Covid-19, Grant Shapps appelait les travailleurs britanniques à retourner physiquement au travail. Près des deux tiers des professionnels avaient repris leur routine d’avant-pandémie, mais les messages contradictoires du gouvernement, ces derniers jours, devraient maintenir durablement à des niveaux très limités la fréquentation des trains. Celle-ci ne devrait pas dépasser 40 à 50% cet automne, ce qui va continuer de creuser les pertes des compagnies ferroviaires. Au mois de juillet, le gouvernement a annoncé qu’elles bénéficieraient d’un soutien direct pendant dix-huit mois, une mesure qui a encore été confirmée ce lundi.

D’ici les élections générales de 2024, Boris Johnson ne pourra pas, politiquement, laisser la gauche dénoncer la hausse spectaculaire des prix des transports et la forte dégradations des services (...).

 L’effondrement économique de ces lignes ne justifie pas à lui seul cette reprise en main étatique. Les performances et le niveau de satisfaction des usagers sont généralement bas. Leur renationalisation a d’ailleurs été au coeur des programmes électoraux de Jeremy Corbyn en 2017 et 2019.

D’ici les élections générales de 2024, Boris Johnson ne pourra pas, politiquement, laisser la gauche dénoncer la hausse spectaculaire des prix des transports et la forte dégradations des services, qui semblent inévitables d’ici là sans intervention forte de l’État.

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