L'Eurogroupe tente d'en finir avec la crise grecque

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici en compagnie des ministres des Finances allemand, grec et français à Bruxelles. ©EPA

Les ministres des Finances doivent s’accorder sur un allégement de la dette et un dernier prêt "matelas" en vue d’un retour de la Grèce sur les marchés.

La zone euro veut tourner ce jeudi la page de la crise grecque. Les ministres des Finances de l’Union monétaire sont réunis à Luxembourg pour fixer les modalités de la sortie de la Grèce de son troisième plan de sauvetage, qui doit avoir lieu le 20 août.

La partie n’est pas encore gagnée, alors que doivent être tranchées des questions aussi délicates que la surveillance de la mise en œuvre des mesures qu’Athènes devra encore prendre dans les années à venir, et les mesures d’allégement de la dette publique. Ce régime est indispensable pour "favoriser la confiance des investisseurs et pour sortir du programme avec succès", soulignait mercredi dernier encore le ministre grec de l’Économie, Alexis Charitis.

L’allégement devrait prendre la forme d’une extension des maturités d’une partie des emprunts contractés par Athènes, et du remplacement de crédits du FMI par des crédits de la zone euro, moins onéreux.

Rapport de "partenariat"

L’Eurogroupe veut obtenir de la Grèce un document précisant les mesures à mettre en œuvre, comme condition à la clôture du plan d’aide. Il s’agit surtout d’actions déjà convenues mais encore à exécuter, comme les privatisations"c’était assez clair dès le début que les mesures iraient bien au-delà du programme", souligne encore notre source.

Reste à voir quel droit de regard les créanciers voudront s’octroyer sur la politique grecque. Pour ce qui est de la surveillance de l’exécution des mesures, Athènes réclame un rapport de "partenariat", qui la placerait d’égal à égal avec les institutions créancières. Depuis huit ans, la "troïka" exerce de facto une tutelle sur le gouvernement grec (même si ce nom a été abandonné). Le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Pierre Moscovici, a souligné sur ce point, mardi, qu’il serait "indécent" d’imposer à Athènes un dispositif "tatillon et intrusif".

Pas de "quatrième plan"

L’accord à conclure ce jeudi ne pourrait en aucun cas être un "quatrième programme déguisé", a encore estimé le commissaire français, alors qu’il devrait permettre le versement d’un matelas de liquidités pour éviter à Athènes d’avoir à se financer sur les marchés dans l’année qui suit la fin du programme. Le montant reste à définir, mais Berlin parle déjà de 15 milliards d’euros (issus de fonds non utilisés du troisième plan d’aide).

À une semaine d’un Conseil européen crucial, et alors que Paris et Berlin viennent de proposer une réforme de la zone euro, le risque d’un échec de cette négociation est limité. "On veut éviter que si demain il y a des problèmes dans d’autres pays que l’Europe, on soit toujours là avec le cas grec", souligne une source à la table des négociations. "On doit avoir un accord [ce jeudi]. Si ce n’est pas le cas, je pense qu’il y aura une réaction des marchés, et on a bien vu avec l’Italie que la stabilité financière n’est pas tout à fait là. Mais ça ne veut pas dire que les discussions ne seront pas dures." L’agenda ne prévoit que trois heures pour conclure.


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